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Burkina Faso: Fortunes diverses pour des opposants

par Akodien 11 Mai 2007, 16:05 Nouvelles du jour

burkina-222.jpgLes résultats provisoires non officiels du scrutin du 6 mai 2007 sont connus. En attendant leur proclamation officielle par la CENI et leur validation par le Conseil constitutionnel, nous avons fait le tour de quelques états-majors de partis politiques pour recueillir quelques réactions à chaud au regard de ces résultats.

 

 

Si le parti majoritaire attend la proclamation de la CENI avant toute réaction, certains leaders de partis dont le PARIS, L'UNDD, le PDP/PS, l'UNIR/MS, le FFS ont bien voulu se prononcer.

 

 

 

Cyril Goungounga, président du PARIS
"Je tiens tout d'abord à remercier le président du Faso, Blaise Compaoré, pour avoir permis la mise en place du dispositif grâce auquel le PARIS et, par-delà, tous les citoyens ont pu exprimer leur suffrage lors de ce scrutin. Je fais une mention spéciale au gouvernement, à la CENI, au Conseil constitutionnel et à la presse. Concernant les résultats de ces élections, j'invite tous les militants à accepter les résultats des urnes quand bien même certains acteurs n'ont pas jouer franc jeu. Je demande que chaque militant tire toutes les leçons de ce scrutin. Nous avons battu une campagne respectueuse et nous avons dit ce que nous pensions avec fermeté. C'est ce qui est le plus important pour nous. C'est vrai que nous n'avons obtenu aucun siège mais cette défaite est pour nous une victoire. Ceux qui pensent que nous avons échoué ont tort car ils seront surpris demain. Le parti continuera sereinement son implantation à travers le territoire tout en recherchant les causes de ce qui n'a pas marché à l'interne plutôt que de jeter la pierre à quelqu'un de l'extérieur. Personnellement, j'ai été le premier responsable de ce qui est arrivé et j'assume. C'est le jeu de la démocratie."

 

Ernest Lingani, coordonnateur des élections au PDP/PS
"La moisson n'a pas été du tout bonne pour le PDP/PS. De 10 députés, nous nous retrouvons avec 2. Nous sommes vraiment en deçà de nos attentes. C'est, du reste, un constat général qui vaut pour tous les partis de l'opposition. Aucun n'est fier des résultats obtenus. Cela s'explique par les mesures de morcellement des sièges par province. Toutes les provinces à un seul siège ont été raflées par le CDP. La proportionnelle au plus fort reste était vraiment aléatoire pour l'opposition. Toutefois, au PDP/PS nous avons pu remporter le siège de la Kossi à la faveur de cette disposition. Durant la campagne, tous nos camarades, sur le terrain, avaient espoir jusqu'à la descente des valises d'argent dans les villages. C'est une pratique courante mais qui a été amplifiée cette année. C'est dommage et on se demande si tout cela est fait pour consolider la démocratie. Notre souhait est que le jeu démocratique soit débarrassé de toutes ces combines."

 

Benjamin Yaméogo, tête de liste de l'UNDD dans le Boulkiemdé
"Ce scrutin a été le plus lamentable depuis 1992. Un rouleau compresseur a été mis en place pour écraser certains partis dont l'UNDD. Au regard de la mobilisation que nous avons vue sur le terrain, au regard de la désapprobation générale exprimée par es électeurs vis-à-vis du parti au pouvoir, au regard du déclin de ce parti, nous sommes ahuris par ses résultats. Pour nous, il n'y a que la fraude qui peut expliquer une telle situation. Et les illustrations de cette fraude ne manquent pas. A Koudougou, par exemple, nous avons vu que la ville avait été envahie par des cars d'étudiants convoyés depuis Ouagadougou pour des votes frauduleux. Nous avons même pu arrêter certains de ces étudiants que nous avons envoyés à la gendarmerie. Des centaines de cartes d'électeurs ont été distribuées le jour même du scrutin. A Imasgho, nous avons pris 3000 actes de naissances confectionnés par l'ADF/RDA avec la complicité du préfet de ladite localité. Sans compter que les responsables de certains bureaux de vote ont ouvertement pris position pour le parti au pouvoir. Délibérément, la CENI n'a pas cacheté certaines cartes, offrant la possibilité de confectionner des cartes parallèles. Il y a aussi la consigne de vote sans pièce d'état civil. C'est pourquoi on verra dans certaines localités que le nombre de suffrages exprimés dépasse le nombre de carte retirées."

 

Me Bénéwendé Sankara, président de l'UNIR/MS
"Je félicite de tout mon coeur les militantes et militants de l'UNIR/MS. J'ai eu l'occasion d'en voir de très engagés et déterminés. Avec abnégation, ils se sont battus véritablement pour l'ancrage de notre idéal sankariste. C'est cela qui me réconforte dans le combat que nous menons à l'UNIR/MS. C'est cela aussi qui nous a permis d'avoir les 3 élus (sur les listes provinciales) et d'être le premier parti de l'opposition. Il faut le souligner avec force. Le peuple burkinabè se réveille et c'est ce déclic que nous avons voulu créer à l'UNIR/MS. L'essentiel pour moi reste de ne pas faire perdre espoir au peuple et de faire en sorte qu'il ait confiance en notre parti. Et nous allons travailler à mériter cette confiance."

 

Norbert Tiendrébéogo
"Le premier sentiment qui m'anime, c'est celui de la fierté de voir que le peuple burkinabè peut organiser un scrutin sans trop de désordre. Et cela est à l'actif, bien sûr, de l'ensemble de notre peuple. En ce qui me concerne, je me réjouis d'être à l'Assemblée nationale. C'est vrai que c'est la première fois que je siégerai, mais c'est une victoire que je dédie à l'ensemble des militants sankaristes, à l'ensemble de notre peuple. Toutefois, il y a des choses à relever. Vous avez vu ce qui s'est passé à Ouahigouya ! Vous avez vu dans certaines localités qu'il y a eu du grabuge, même si au Kadiogo on n'a pas beaucoup ressenti ces choses. Nous irons à l'Assemblée avec beaucoup de fierté pour défendre des valeurs, des positions et pour faire honneur à tous ceux qui ont placé leur confiance en nous.

 

On peut regretter que les sankaristes ne se soient pas véritablement unis pour aller à cette élection mais je crois que c'est un début et avec la patience nous viendrons certainement à bout des déchirements, des mésententes, bref de cette désunion que l'on constate aujourd'hui. Peut-être que nous aurions pu faire de meilleurs scores si un parti comme l'UNIR/MS avait rejoint l'Union des partis sankaristes, si un parti comme le Front patriotique pour le changement (FPC) avait accepté de rejoindre l'Union, et bien d'autres.

 

Economie, Affaires et Finance
Nous pensons que dans un avenir très proche nous pourrons rassembler toutes les sensibilités qui se réclament véritablement du sankarisme et qui ont un comportement qui n'est pas en déphasage avec ces valeurs que nous croyons pouvoir défendre. Tels sont les sentiments qui m'animent aujourd'hui en attendant, bien sûr, que les résultats soient plus officialisés. Tout peut arriver, et c'est pourquoi je parle avec un peu de réserve. C'est tout à fait normal."

 

Omar Djiguimdé, président du PAREN
"Comme nous l'avons toujours soutenu, notre priorité n'est pas d'être forcément à l'Assemblée nationale. Notre priorité, c'est surtout de nous faire entendre, de faire entendre notre opposition au niveau national. En ce sens-là, notre objectif a été largement atteint, car partout au Burkina Faso, même dans les hameaux, le PAREN est bien connu. Mieux, notre message et notre position sont bien connus de tous. Cela constitue déjà un motif de satisfaction. Mais comme il est aussi important d'être représenté dans les instances républicaines, nous aurions souhaité être mieux représentés à l'Assemblée pour apporter notre contribution à la construction de la démocratie. C'est dommage que les conditions dans lesquelles ces élections se sont déroulées ne soient pas celles que nous avions espérées. Les raisons avancées pour remplacer la carte bleu par la rouge existent toujours. Malgré cela, des individus avaient plus d'une carte et cela met très mal à l'aise un parti sérieux comme le PAREN. Toutefois, nous tenons à dire à nos militants que nous restons sur notre même ligne et que nous continuerons notre combat avec la même détermination et la même fermeté. Nous tenons à dire au pouvoir d'éviter cette tendance à rendre l'Assemblée monocolore car c'est le tout qui fait la nation."

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