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Réponse du berger à la bergère

par Akodien 21 Novembre 2008, 00:30 Nouvelles du jour

Le gouvernement rwandais a demandé jeudi un procès rapide de Rose Kabuye, la directrice du protocole du président rwandais, mise en examen (inculpée) à Paris pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Mme Kabuye, 47 ans, placée sous contrôle judiciaire en France, est soupçonnée par la justice française d'avoir participé à l'attentat, le 6 avril 1994, contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, qui avait été tué dans l'explosion, ainsi l'équipage français de l'appareil.
"Le gouvernement demande que Mme Kabuye soit jugée sans tarder, que la justice française lui donne le plus rapidement possible l'occasion de se défendre. Le gouvernement et le peuple rwandais attendent impatiemment que justice lui soit rendue", a déclaré à l'AFP, la ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement rwandais, Louise Mushikiwabo. "Nous demandons un procès rapide. Mme Kabuye est là parce que quelqu'un (NDLR: le juge français Jean-Louis Bruguière) avait des motivations politiques. Nous attendons impatiemment qu'elle puisse revenir dans son pays, retrouver sa famille et reprendre son travail", a poursuivi la ministre. Pour Mme Mushikiwabo, la remise en liberté de Rose Kabuye sous contrôle judiciaire "n'est qu'une petite étape". "Si elle est entendue par des juges indépendants, nous ne doutons pas qu'elle sera vite libérée", a indiqué la ministre, laissant cependant entendre que les Rwandais n'ont guère confiance dans la justice française. "Le fait qu'elle est aujourd'hui devant un tribunal français ne nous donne pas confiance. La justice française ne nous a pas inspiré confiance jusqu'à présent. Mais nous attendons de voir ce qui en sortira", a-t-elle dit. "Quoi qu'il en soit, a-t-elle conclu, la vérité finira par se manifester et la justice par triompher".

Transférée mercredi d'Allemagne - où elle avait été arrêtée le 9 novembre - vers la France, Mme Kabuye, a été mise en examen dans la soirée par le juge Marc Trévidic pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste, selon une source judiciaire.
Le magistrat l'a laissée libre sous contrôle judiciaire. Ce contrôle lui interdit de quitter la France sans autorisation et l'oblige à répondre à toute nouvelle convocation des juges. Dans ce dossier qui empoisonne les relations entre Paris et Kigali, une incarcération de la chef du protocole du président Paul Kagame aurait été, selon des sources proches du dossier, très mal perçue au Rwanda, où les manifestations les plus importantes depuis le génocide de 1994 se sont déroulées mercredi.
Le juge la soupçonne d'avoir pris part à l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais, qui servit de détonateur au génocide qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie. La prise du pouvoir à Kigali par la rébellion dirigée par M. Kagame avait mis fin au génocide.

Par ailleurs La justice rwandaise s’apprête à délivrer des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs personnalités françaises, dont d’anciens ministres soupçonnées de complicité dans la préparation et la mise en exécution du génocide de 1994, a-t-on appris hier de source judiciaire à Kigali.

«Tout est prêt et ces mandats contre les anciens responsables français pourront être délivrés à n’importe quel moment», a déclaré à la presse une source proche du Parquet général de la République qui a requis l’anonymat. «Ce n’est plus une menace, tout est prêt pour la délivrance de ces mandats (contre les personnalités françaises)», selon la même source, qui n’a pas précisé la date.
Cette déclaration d’un magistrat rwandais intervient au lendemain de l’arrestation, la semaine dernière, d’un officiel rwandais à l’aéroport de Francfort, en Allemagne. La directrice de Protocole du chef de l’Etat rwandais, Mme Rose Kabuye a été arrêtée la semaine dernière par la Police allemande alors qu’elle était en mission en Europe, selon la ministre rwandaise de l’Information, également porte-parole du gouvernement rwandais, Louise Mushikiwabo.

La justice française, qui a délivré des mandats d’arrêt internationaux contre neuf personnalités rwandaises, accuse notamment des officiels rwandais d’avoir commandité et exécuté l’attentat contre l’avion de l’ex-président Hutu rwandais Juvénal Habyarimana dont la mort a servi d’élément déclencheur du génocide de 1994, mais les mis en cause n’ont jamais pu accéder à ce dossier judiciaire controversé.

Alors que le Parquet allemand a procédé hier au transfert de ce dossier devant la justice française qui réclamait l’arrestation de neuf personnalités rwandaises dont l’actuelle responsable du Protocole de l’Etat rwandais, le colonel Rose Kabuye, des milliers de manifestants ont protesté la même journée dans les rues de Kigali pour décrier «l’abus de la justice internationale». "Ce n’est pas une menace ou une riposte à l’arrestation de Mme Rose Kabuye par la justice allemande ou française.

C’est plutôt une affaire judiciaire qui incrimine des personnalités de ce pays (la France) pour leur rôle dans le génocide de 1994", a confié la PANA la même source sous le sceau de l’anonymat. En novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France, deux jours après que le juge d’instruction français, Jean- Louis Bruguiere, a mis les mandats d’arrêt internationaux contre neuf personnalités rwandaises proches du chef du président Paul Kagame.

Le magistrat accuse notamment les hauts responsables rwandais d’avoir planifié et exécuté cet attentat, malgré leurs dénégations. Depuis le génocide de 1994, Kigali accuse la France de responsabilité et de complicité dans cette tragédie, ce que Paris a toujours démenti.

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