Elle a dit, finalement,
la phrase première, à mes confrères français : " L'Homme Noir est le Premier à être entré dans l'Histoire". Et de marteler à propos de Nicolas Sarkozy : « Je ne suis pas son professeur.
Qu'est-ce-que vous voulez que je fasse que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République. J'y peux rien. C'est le président de la République, c'est le Président de tous
les Français." Ces propos ont été rapportés par Le Figaro et seront diffusés par Radio France Internationale (RFI). Rama Yade s’est décidée donc à lâcher la vérité qu’un être humain digne de
raison ne devrait ignorer : « L’Homme noir est le premier à être entré dans l’Histoire ».
Une vérité si simple
Cela lui semblait pourtant difficile à dire publiquement, le 11 mars 2008. J’interpellais, en ce jour, Mme Yade sur le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. La
chargée des droits humains de l’Etat français, qui effectuait sa première visite officielle aux Nations-Unies à Genève dans le cadre du Conseil des droits de l’Homme, prônait le dépassement face
aux propos très ignorants de son Chef qui disait que les Noirs étaient dans la répétition, c'est-à-dire l’imgae même de l’homme archaïque, pour qui connaît l’Histoire des religions. Sarkozy avait
dit à Dakar à l’Université Cheikh Anta Diop que : «l’Homme noir n’était pas encore entré dans l’histoire». Des intellectuels africains ont du lui porter la dragée haute. Les Chefs d’Etat
s’étaient, eux, emmurés dans un silence troublant ! Bref, pourquoi donc, Rama Yade a –t- elle changé de posture ? A Genève, elle avait prôné sur le discours de Dakar un dépassement. Elle me
confiait devant la presse internationale : « Je crois que sur le discours de Dakar, le Président de la République s’est déjà expliqué. Je crois que c’est lui qui est le mieux à même de donner sa
position. Personnellement, je ne crois pas qu’il était venu dans un esprit polémique. Il faut maintenant passer à l’apaisement. Entre l’Afrique sub-saharienne et la France, il y a beaucoup mieux
que d’entretenir des polémiques. Le Président a un immense respect pour l’Afrique. Il l’a montré lors de son déplacement au Tchad et en Afrique du Sud. Son déplacement au Tchad montre qu’il est
dans la rupture face à la France Afrique. Il n’a pas hésité à parler du sort des opposants qui ont encore disparu. C’est une position qui est à son honneur et dont je me félicite. En Afrique du
Sud, il a tenu un discours fort sur la question des accords de défense. Ça aussi c’est une mise en œuvre de sa politique de rupture. Je crois au delà des polémiques et des mots, il faut regarder
la réalité de ce qu’il fait. Ce qu’il fait, est une mise en réalité de la rupture en matière de France Afrique » (Walfadjri-12 mars 2008). Veut-elle se rapprocher des Africains pour les échéances
politiques à venir ? Est-elle sur le départ ? Veut-elle continuer à marquer une certaine différence et s’imposer à Sarkozy ? S’est-elle dit enfin, je suis quand même une Noire d’Afrique même si
je suis vraiment française ? A-t- elle été touchée par le courage de la journaliste Audrey Pulvar qui a apporté une réplique cinglante au riche industriel Guerlain ? etc ….
L’élite noire se réveille!
Le charbon de bois, a beau séjourné dans un marigot il ne sera jamais un crocodile, dit l’adage africain ! Et parfois, c’est du haut de sa structure qu’on doit
assumer certaines missions. Beaucoup de Noirs et d’originaires d’Afrique avaient ou ont oublié leur responsabilité individuelle dans la lutte contre le racisme et pour la Dignité des
Nègres. Récemment, les propos de Guerlain sur les Nègres ont sorti Audrey Pulvar de sa réserve qui dans un texte court et fort a pulvérise le parfumeur entraînant dans la foulée une
cascade de réactions comme celle de Henry Roselmack et des manifestations de la diaspora africaine. France 2 a présenté ses excuses pour les propos racistes proférés sur les plateaux du 13 heures
par Jean Pierre Guerlain.
C’est dire que si insulter les Nègres était devenu un sport facile qui rapporte gros c’est que certains Noirs, surtout une certaine élite, dans une extraordinaire
lâcheté et un égoïsme suspect avaient laissé le terrain à certains bien pensants qui devaient encore, comme leurs ancêtres leur dire leur tordue vérité. Il n’est pas rare de voir certains
Africains parce qu’ils sont plus ou moins réussi économiquement cautionner tout le mal qu’on dit sur le Continent premier et sur ses habitants.
Je voudrais soutenir que défendre sa dignité n'est pas une affaire d'émotion épidermique!
Aujourd’hui, la guerre la plus féroce menée contre les peuples est une guerre d’image. Par le déni, on réfute jusqu’à l’humanité à son prochain !
Un jour viendra où personne n'osera plus insulter les Noirs! L’exemple du peuple juif est là qui doit nous édifier. Ce peuple martyrisé meurtri a, en faisant face
courageusement à ses bourreaux réussi à mettre des lignes rouges inviolables sur leur dignité d’être, leur histoire et leur existence parce qu'il sait qu'il vient de loin. Je salue l’efficacité
et la solidarité des juifs qui quand ils sont attaqués dans leur chair, savent oublier leur divergence pour faire face comme un seul homme.
Mais il y a des Noirs qui aiment bien se laisser flageller!
Au lieu de se battre, ils se jalousent par la médisance et l’indifférence. Celles et ceux qui osent dire Non, ça suffit, sont catalogués comme des aigris ou
des gens qui veulent tout simplement se faire connaître. C’est trop facile ! Surtout beaucoup s’appuient sur la médiocrité de nos Chefs d’Etat qui n’ont aucun AMOUR pour leur peuple pour
laisser suinter leur mépris envers leurs propres frères et sœurs impropres parce que pauvres Faisant ainsi le lit à l’expression hideuse de la haine que portent certains envers l’homme noir. Ce
dernier, je ne sais pas s’il faut en rire ou en sourire, on lui reproche presque d’avoir survécu après tant de siècles d’esclavage, de colonialisme, de Code Noir, d’assassinats bien ciblés
etc.
Je ne crois pas personnellement que Nicolas Sarkozy est un raciste. Il semble bien évident que son discours de Dakar, il ne l’a pas du tout lu avant de le débiter
comme un possédé. Ceux qui sont vraiment dangereux pour les Africains, nous les connaissons, c’est une horde d’avant - gardistes qui se croient intelligents. C’est le cas d’Alain Finkelkraut,
d’Hèlène Carrère d’Encausse, de Guaino, de certains journalistes comme Stephan Smith qui pue la contradiction, de certains partis politiques ouvertement racistes et anti Noir etc…. J’ai mis
Stephen Smith à nu, à Genève, lors du dernier Salon du Livre et de la Presse où nous étions tous les deux invités comme conférenciers. Si je l’ai « épargné » lors de la rencontre que
nous avions co-animée, je ne l’ai pas raté lors d’un autre débat. Et quand M. Smith m’a appelé par ce si gentil « mon ami », je lui ai répondu « je ne suis pas votre ami». Je sais que certaines
personnes s’appuient sur l’amitié frauduleuse des nègres pour saccager du Nègre. Et certains noirs, complètement ignorants de leur histoire et absolument déçus pour certains de la mauvaise
gestion de leur pays, et malheureusement souffrant du complexe d’infériorité se pavanent avec ces gens pour se donner du crédit. Cela ne m’intéresse pas. Tant qu’il me restera un souffle de vie,
je me battrai contre ceux qui se donnent le privilège honteux d’insulter l’Afrique. Bien sûr, on peut critiquer les Africains, leurs dirigeants mais la liberté devrait s’arrêter là où le propos
ne tend pas à dénier l’existence et la dignité d’autrui.
Oui, j’ai du respect pour écouter même ceux qui nous insultent, mais oui je n’ai que haine pour leurs paroles et plumes dévergondées qui se déchaînent sans frais
sur les Africains assimilés à des êtres inférieurs qui vivant dans un enclos, c’est Smith qui parlait de « bantoustan », sont bornés et ne savent que danser!
Rendre justice à l’Afrique
C’est méconnaître la subtilité et le raffinement des peuples d’Afrique. Le sourire nègre, un certain sourire noir, la danse nègre, une certaine danse, la politesse
nègre, une certaine politesse, sont autant de codes, de symboles dont le vulgaire ne se doute guère. L’art nègre, rappelait le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne est une
philosophie.
Nous connaissons bien l’Histoire des Lumières ! Nous connaissons bien notre Livre des Morts ! Nous savons aussi comment nos indépendances ont été acquises. Nous
n’ignorons pas comment le commerce international se moque des règles élémentaires de fair-play dans la compétition. Nous savons, O combien, que les enjeux électoraux dans un pays donné peuvent
freiner ou faire échouer les négociations internationales. Nous savons, O combien, que la peur de voir les autres s’en sortir sans tendre la main, peut effrayer certains bienfaiteurs qui ont
eux-mêmes peur de perdre leurs privilèges dans certains pays!
Nous n’ignorons pas non plus les richesses que porte l’Afrique mère dans son ventre éternellement généreux malgré ses multitudes césariennes.
Nous connaissons, évidemment nos tares, l’impact de certaines pratiques traditionnelles préjudiciables. Nous connaissons notre Histoire. Nous connaissons l’étendue
de nos hectares de possibilités non encore exploitées. Mais ce dont nous sommes, le plus sûrs, c’est que nous sommes les fils –aînés de la terre, ceux sans qui la terre ne serait pas terre. N’est
ce pas Césaire ?
Merci à nos parents de nous avoir envoyés chercher l’alphabet lettre par lettre de nous avoir inculqués les sagesses infinies d’une Afrique porteuse d’Humanité et
d’avenir. Merci à eux de nous avoir appris les vertus du Pardon, du Courage, de la Générosité, de l’Amour tout court.
Il ne s’agit pas d’apprendre l’art de convaincre sans avoir raison. N’est pas Cheikh Hamidou Kane ? Il s’agit d’être chaque jour le plus humain possible malgré les
vicissitudes de la vie. Car demain ce sera l’humain !
Il faudra noter enfin que si le combat pour la Dignité des Noirs est à portée d’engagement et de constance en Occident, il faudra encore davantage d’énergie et de
dévouement pour libérer les Noirs des chaînes féroces qui les attachent encore dans certains pays arabes. Osons affronter cette situation. Notre génération a là, une mission à assumer devant
l’Histoire.
Humiliés, hier, aujourd’hui sans rancœur, nous demandons tout simplement le RESPECT.
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