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Comme un air de déja vu...

par Bacary Goudiaby 3 Septembre 2013, 18:02

Comme un air de déja vu...

Comme un écho à l'acte posé par son mentor et prédécesseur quelques années au paravent, le président sénégalais a procédé à un remaniement de son gouvernement. La seule attraction de cette manipulation de l'équipe gouvernemental est sans nul doute la nomination d'une femme à la station primatoriale.

Aminata Touré a formé une équipe de 32 membres au total. Le nouveau gouvernement ainsi formé aura pour lourde tâche de résoudre les problèmes structurels qui handicapent le pays à commencer par des délestages, les inondations que connaît la capitale suite aux pluies de saison, une agriculture qui pourrait être bien plus performante. Le gouvernement est plus politique.

Macky Sall en bon politique a tout de même pris le soin de poser l’écriteau «Réservé» sur les fauteuils destinés à ses alliés de lutte pour l’accession au pouvoir. Ainsi, la coalition Bennoo Siggil Senegaal (Bss), comme le Parti socialiste (Ps), la Ligue démocratique (Ld), le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), l’Alliance des forces de progrès (Afp), le Front pour le socialisme et la démocratie /Benno Jubël (Fsd/Bj) et Rewmi ont été servis.

Pourrait-on voir dans ce remaniement une vraie rupture? Certaines «mauvaises langues» attestent que la seule «rupture» reste la nomination d’Aminata Touré au poste de première ministre. En effet, peut-on résumer la «rupture» sur la nomination d’une femme à la tête du gouvernement du Sénégal, puisque en son tant le pape du Sopi avait aussi nommé une «première ministre».

La présidence de la république explique que ce remaniement s’inscrit dans un souci de plus d’efficacité et de cohérence de l’action gouvernementale. «En effet, la forte demande d’efficacité des politiques publiques et même les exigences citoyennes croissantes justifient amplement que de manière périodique l’architecture ainsi que la composition du gouvernement soient reconsidérées», explique Abdoul Aziz Tall, le nouveau directeur de cabinet du président sénégalais.

Pour que la nouvelle équipe gouvernementale obtienne des progrès notoires et visibles pour les Sénégalais, il lui faudra sans doute laisser de côté les cacophonies et porter de vraies réformes sociales, économiques et agricoles qui pourraient permettre à ce petit pays d'atteindre l'ambitieux projet de devenir un pays à revenu intermédiaire.

«Nous voulons que les Sénégalais puissent sentir le changement dans leur vie quotidienne ». C’est ces termes que Madame Touré s’est adressée à la presse après avoir dévoilé la composition de son attelage gouvernemental.

Dès sa prise de fonction, Aminata Touré dite Mimi confesse comme pour s’excuser d’avance qu’elle hérite d'une situation macroéconomique délicate.

La lecture de la note de conjoncture de la Direction de la politique et des prévisions économiques (Dpee) semble confirmer le pessimisme de l’ancienne garde des sceaux devenue première des ministres. Publiée en août dernier, en moyenne sur le premier semestre 2013, l’inflation est ressortie à 0,5%, contre 3,4% en 2011. Elle relève en outre que les ressources mobilisées, à fin juin 2013, sont évaluées globalement à 791,9 milliards, soit une baisse de 30,9 milliards (-3,8%), en glissement annuel.

On est donc loin de la promesse faite par son prédécesseur à l’occasion de sa déclaration de politique générale, le 10 septembre 2012, devant les députés. C'est que la machine qui devait conduire les sénégalais sur le chemin du « Yoonu Yokkuté » (développement) semble grippé au point que le sénégalais moyen soupire en lâchant cette expression en vogue au Sénégal : «Dëkk bi dafa Macky» ou comme le chantait le rastafari ivoirien : «Le pays va mal».

Celle que la presse sénégalaise surnomme désormais «la dame de fer » promet de relever le challenge sous ''le sceau de l'accélération des chantiers'' de Macky Sall. On lui souhaite une meilleure fin que sa marraine « Maggie » (Rip).

Il serait imparfait de finir cette analyse sans souligner ce mini séisme du gouvernement Macky 2. Youssou Ndour, vedette mondiale de la chanson, précédemment ministre du Tourisme et des Loisirs n’est pas de la nouvelle équipe formée par Mimi. Youssou Ndour précise que c’est lui moi-même qui ai demandé au chef de l’Etat de le libérer après ses efforts pour relancer le secteur du tourisme.

Chaque analyste politique sérieux ne pourrait pas se contenter de cette déclaration. Youssou comme on l’appelle affectueusement dans son pays, n’est pas le genre à s’arrêter au milieu du gué avec le sentiment du travail non accompli. Le secteur touristique sénégalais ne semble pas avoir connu de bouleversement majeur depuis avril 2012. Youssou Ndour a d’avantage apporté à son pays étant artiste que ministre. Qui se souvient d’un temps fort marquant le passage de l’enfant de Bercy au ministère du tourisme. L’organisateur du concert du refus de l’injustice en 1984, et du « méga-concert » d’avril 1992, pour la libération de Nelson Mandela devra se rendre à l’évidence que passer d’une rive à l’autre n’est toujours pas un long fleuve tranquille.

Alors forcément les inconditionnels mélomanes du leader et du Super Etoile de Dakar scrutent l’horizon des annonces d’un prochain retour de leur idole au micro.

« Boufi yémoon sakh mou nékh » !

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