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Mais où Z'allons-nous!...

par Bacary Goudiaby 26 Décembre 2011, 18:30 Analyses & opinions

Akodians-386.jpgConsidéré pendant longtemps comme la tête de file et le baromètre de la démocratie en Afrique, le Sénégal avait séduit le monde il y a dix ans. En effet sous le regard de la planète toute entière, le 19 mars 2000, lors du second tour de l’élection présidentielle, la coalition de partis politiques regroupés au sein du Front pour l’alternance mis sur pied le 7 mars 2000 pour soutenir la candidature d’Abdoulaye Wade, mettait fin au long règne du Parti socialiste. Pour reprendre le mot d’un homme politique sénégalais, «l’opposition venait de déraciner un baobab».

Vaincu par son vieux rival hérité du système du Président Léopold Sédar Senghor, le président Abdou Diouf prit son monde de cours et reconnaissait rapidement sa défaite et acceptait l’alternance, au grand soulagement de la population et des observateurs étrangers qui craignaient un blocage du processus électoral et un déchaînement de la violence.

Ces élections ont en effet été organisées dans un climat de très forte tension, marqué notamment par le coup d’État militaire contre le régime d’Henri Konan Bédié en Côte d’Ivoire. L’issue de la crise ivoirienne a eu beaucoup d’échos au Sénégal, où une partie de la population, convaincue que l’alternance était irréalisable par la voie des urnes.

 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, beaucoup d’encre a tenté d’expliquer ce qui se passe aujourd’hui au Sénégal. Et la fusillade qui eu lieu devant la mairie de Mermoz ne fait qu’exacerber les inquiétudes des populations.

Nous gardons le souvenir innocent d’enfance qui n’osait pas «parler» de la mort, encore moins d’acte de légitime défense dans nos pudiques sociétés remplies de «non-dits» et de «sous-entendus». Aujourd’hui le Rubicon est franchi. Selon un témoignage radiophonique d’un présumé «nervi» qui a participé à la rixe fatale à un des leurs, ils ont été recrutés pour une «opération d’intimidation». Et l’on se souvient de «l’intimidation» dont a été victime Talla Sylla.

 

Le Sénégal peut retrouver sa place jadis enviée par ses voisins de gardien de la démocratie en Afrique. Mais les signes que nous observons au quotidien, même s’ils ne sont pas annonciateurs de chaos, ne sont guère rassurants.

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