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L'Afrique muette

par Armand F. Vidégla 12 Janvier 2010, 18:30 Medias d'Afrik et de la Diaspora

France-O.gifLa foudre cabindaise sur l'équipe togolaise en route pour la Can aura permis de déceler l'épineux problème de la presse africaine et surtout sa branche audiovisuelle dans le traitement de l'information. En effet, au moment où certains africains faisant confiance à leur chaîne nationale sont restés collés, ils n'ont récolté que «déception» prix de leur nationalisme.

Ceux qui ont compris très tôt sont restés câblés sur les chaînes internationales afin de suivre voire vivre au fur et à mesure l'évolution minute par minute de l'information. Ceci d'autant que les chaînes internationales ont fait de leur chou gras l'information. Certains médias braqués sur l'Afrique ont quasiment forcé leur programme pour des éditions presque spéciales sur cet événement qui attriste le Togo, la Can et de surcroit le continent noir

Par contre, la situation était tout autre sur le continent avec ses chaînes nationales qui ont servi pratiquement de relais aux chaînes européennes devenues du coup maître des exclusivités. Je me souviens, scotché à la chaîne publique de mon pays (Ortb: Office nationale de Radio et Télévision du Bénin) ce soir-là à 20 heures pour le journal télévisé, le journaliste a donné l'information en quelques secondes sans autres précisions.

Aucun invité pour débattre du sujet et de ses implications. Aucun journaliste ou autres personnes ressources en ligne du Togo, de l'Angola ou d'autres coins pour décortiquer l'information sous des angles précis. Et pour cause, constate-t-on avec amertume, Les chaînes étrangères dans leur contraction ont tout dit. Le replâtrage était net, on s'est contenté des images de l'extérieur. La scène était horrible et la carence notoire au moment où, tout se passe sur le continent. Ainsi, l'information africaine à chaud quitte le continent pour l'occident, revient sur le continent (avec tous les risques d'orientation possible) et les chaînes nationales ne servent que de relais.

Elles ont refusé toute forme d'exclusivité, toute forme d'originalité pour ne garder que la copie même si l'information se retrouve entre leurs jambes. En agissant ainsi, les chaînes africaines fabriquent sans s'en rendre compte des téléspectateurs extravertis qui accordent plus de crédit à l'internationale alors que le continent est à la recherche de chaînes puissantes capables de le défendre. C'est bien dommage!







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