Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Des Femmes en Or

par Bacary Goudiaby 7 Octobre 2011, 23:30 Article de la semaine

Prix NobelEn Afrique, aux Etats-Unis, en France ou encore en Amérique Latine, les femmes noires et les afro-descendantes occupent le devant de la scène par leur engagement politique qui ne cesse de s’affirmer.

Cette implication croissante des femmes noires dans la vie politique traduit-elle un simple besoin de reconnaissance dans des rapports hommes-femmes inégaux ou est-elle plus simplement la suite logique d’une émancipation amorcée il y a longtemps?

 

Contrairement à ce que l’on a l’habitude de penser, les femmes noires, d’Afrique ou d’ailleurs se sont toujours impliquées dans la vie politique, sociale et économique de leur pays. Loin des stéréotypes (femmes soumises, réduites aux tâches ménagères, «esclaves» de leurs époux), elles ont comme l’a déclaré Sandrah Monthieux Pélage – présidente du premier congrès mondial de la femme noire qui a eu lieu en juillet 2004 – l’habitude de faire des miracles avec peu de choses, elles sont habituées à «maximiser» et disposent d’un talent fou, sous-estimé suite à un manque de visibilité et à un manque de valorisation de leur potentiel.

Leymah-Gbowee1.jpgA travers le monde et l’histoire, le combat de la femme noir et son implication ne datent pas de ces dernières années. Ainsi, quand Rosa Parks risqua sa vie en refusant le 1er décembre 1955 de céder sa place à un passager blanc dans un bus, elle ignorait que ce geste allait conduire la Cour Suprême des États-Unis à décider le 13 novembre 1956, que la ségrégation dans les bus était anticonstitutionnelle. Tout comme elle ignorait, qu’il allait permettre à un jeune pasteur alors inconnu de 26 ans, Martin Luther King, de se faire connaître en lançant sa première campagne en faveur des droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. Plus loin encore, on trouve Harriet Tubman, figure emblématique de la résistance à l’esclavage, qui après avoir réussi à s’échapper de l’enfer des plantations, retourna sur les terres esclavagistes pour libérer plus de 300 esclaves, sans en perdre un seul.

Depuis, partout dans le monde, de nombreuses associations, congrès, journées ont vu le jour pour promouvoir le rôle des femmes noires dans la société.

 

En Afrique les femmes africaines ont toujours eu un rôle actif dans la politique de leur pays. Jusqu’à présent, leur implication se traduisait plus souvent par la création d’associations, de groupes de discussions, dans lesquels elles se réunissaient pour débattre et trouver de nouvelles idées pour faire changer les choses. Aujourd’hui, elles en veulent plus. Elles veulent, elles aussi être au premier plan et ce d’autant plus que la plupart des lois leurs sont favorables. Icônes de ce changement, Leymah Gbowee et Ellen Johnson. 

 

Presudent-Sirleaf.jpgPrésidente du Libéria depuis 2005, Ellen Johnson Sirleaf, économiste de formation, commence sa carrière politique dans les années 70 également. De 1972 à 1978, elle est Secrétaire d’Etat aux Finances du Libéria. Elle occupera ensuite plusieurs postes dont celui de Vice-Présidente de la Région Afrique pour le Bureau de Citibank à Washington. Elle est la première femme à accéder au poste de chef de l’Etat en Afrique. Depuis son élection, elle lutte pour le maintien de la paix au Libéria et axe sa politique sur la sécurité, la primauté du droit de gouvernance, la relance économique et la reconstruction des infrastructures. L’une des ses premières actions en tant que présidente, fut de demander au Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 17 mars 2006, de lever les sanctions sur les exportations de diamants et de maintenir la présence de l’ONU au Libéria pour soutenir la stratégie de son gouvernement.

Quant à sa sœur, compatriote et co-lauréate, la pacifiste et active Leymah Gbowee, s'est illustrée dans des mouvements de non-violence. Quadragénaire, celle que l’on surnomme sur la scène internationale: «La guerrière de la paix», est une travailleuse sociale, qui pendant la guerre civile au Libéria n’avait pas peur de côtoyer les enfants-soldats. Elle se rendit compte que la seule manière de changer les choses, du mal vers le bien, était pour la femme africaine, femmes et mères de ces enfants, de se lever et d'aller dans la bonne direction. Cette «Mama Afrika», dans le bon sens du terme, établit aujourd’hui au Ghana a le droit de savourer «sa victoire» de militante avec ses proches, ses six enfants et tous ses collaborateurs au sein des nombreuses organisations de femmes qu’elle a créer.

En ce millénaire, les femmes noires sont à l’honneur. Que ce soit pour défendre leurs droits, leur couleur ou leur pays, elles n’hésitent plus à monter au créneau. Au-delà de leur simple besoin de reconnaissance, c’est l’avenir de toute la communauté noire qui se joue et plus que jamais, les femmes noires particulièrement les femmes d’Afrique portent en elles la clé du progrès et de la réussite de la population du continent.

commentaires

Haut de page