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Can 2013 : Les « Green Eagles » survolent l’Afrique du football

par Bacary Goudiaby 11 Février 2013, 03:30 Africa Sport

Nigeria-1.jpgDimanche soir au National Stadium de Johannesburg, le Nigeria est arrivé au bout des Homme intègres » en signant sa victoire sur le Burkina Faso (1-0), en finale de la compétition. Il a suffit d’un éclair technique et personnel du bien nommé Sunday Mba à la 40ème pour combler les supporters des «vert et blanc» et permettre à la jeune troupe de Stephen Keshi de décrocher la 3ème Coupe d’Afrique des nations.

Une joie immense pour les joueurs mais aussi pour les 170 millions d'habitants du pays le plus peuplé d'Afrique.

 

Le Nigeria a tenu son rang dimanche soir au National Stadium de Johannesburg en Afrique du Sud. Après 19 ans après leur dernier trophée, la liesse populaire a envahi les rues  de Lagos et d'Abuja (capitale du pays) pour célébrer cette victoire historique.

Au début de la compétition, les «spécialistes» ont souvent vanté l’expertise des entraineurs occidentaux au détriment des «locaux» qui semblent ne mériter que des places de second sur les bancs des sélections nationales d’Afrique.

Mais à l’instar de Stephen Keshi, le continent africain regorge d’entraîneurs «locaux» aux qualités indéniables.

Ce troisième sacre du Nigeria à la Coupe d'Afrique des nations est en partie l'œuvre du sélectionneur Stephen Keshi qui a su transformer en un peu plus d'un an une équipe inexpérimentée en une redoutable machine à gagner en osant mettre de côté des «experts en occident» comme: Taiwo, Odemwingie ou Martins. Stephen Keshi, de la glorieuse équipe nigériane de 1994, devient ainsi, en compagnie de l’égyptien Mahmoud El Gohary, l’un des rares entraineurs africains a avoir gagné le trophée en tant que joueur et entraîneur.

Au contraire des pays «francophones», leurs homologues «african english speaking countries» ont choisi de faire confiance à des techniciens africains voire locaux. Et au coup de sifflet final, on s’aperçoit que le meilleur entraineur de la Can 2013 est… africain.

Stephen Keshi ne sait pas que s’énerver comme il l’a fait pendant la compétiton contre le manque de considération à l'égard des entraîneurs africains. Il a aussi prouvé qu'il avait sa place sur le banc de l'une des meilleures nations de football du continent et du monde.

 

Quel est le point commun entre Hervé Renard, Claude Leroy, Vahid Halilhodzic, Patrice Carteron, Sabri Lamouchi, Gernot Rohr et Didier Six?

Ils sont français et entraînent des équipes de football? Certes, mais pas n'importe lesquelles. Ils exercent tous de l'autre côté de la Méditerranée et se sont affrontés dans les stades d'Afrique du Sud pour la Can 2013. Renard est en Zambie, Leroy a pris en main l'équipe de la République démocratique du Congo, Halilhodzic celle d'Algérie, Carteron est au Mali, Lamouchi en Côte d'Ivoire, Rohr au Niger et Six au Togo.

Si les joueurs africains semblent s'épanouir dans le moins prestigieux championnat d'Europe: la Ligue 1, les entraîneurs français font, eux, le chemin inverse. Pour la Can 2013, sur les seize équipes en compétition, ils étaient sept coaches tricolores à maltraiter leurs cordes vocales sur les bancs.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais ces dernières années, il s'est clairement intensifié. Et le précédent Henri Michel en est l'exemple parfait. Devenu alors un véritable pestiféré en France après des défaites avec les "Bleus", il végète quelque temps à la Fédération française de football avant de faire ses valises pour l'Afrique, où il prend en main le Cameroun. Une renaissance. S'ensuit une longue carrière menée tambour battant entre le continent africain et le Moyen-Orient. Blacklisté dans l'Hexagone, Henri Michel a pu exercer son métier. Ailleurs. Et sans jamais revenir.

Le football français est un milieu qui n'accepte pas les aspérités et qui ostracise au moindre faux pas. C'est rédhibitoire. Alors, parfois, certains entraîneurs sont contraints à l'exil pour mieux rebondir.

Sur le plan sportif, l'Afrique est considérée que comme une voie de garage par la grande majorité des acteurs directs et indirects du foot français. Preuve en est avec Hervé Renard, sélectionneur de la Zambie. L'an dernier, l'ancien adjoint du mythique "sorcier blanc" Claude Leroy a réalisé un véritable tour de magie. L'entraîneur des Chipolopolos a remporté avec la Zambie la première coupe d'Afrique des nations de l'histoire du pays de Kalusha Bwalya.

Hervé Renard a réussi l'impensable en remportant la compétition. Un tremblement de terre de l'autre côté de la Méditerranée, une petite secousse en France. Pourtant, les entraîneurs français ayant glané un titre continental avec un club ou avec une équipe nationale ne sont pourtant pas si nombreux que cela. Peu importe, aux yeux du foot français, une victoire face à un continent entier, contre des joueurs de classe internationale, vaut autant qu'un succès... en Ligue 1!

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