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Barack Obama, messager de paix

par François Modoux 11 Octobre 2009, 17:30 Dossier de la semaine

Les sept grands chantiers de paix ouverts par le président américain depuis son entrée en fonction il y a neuf mois
Réhabiliter le multilatéralisme.Dès son élection, Barack Obama souligne à réitérées reprises sa volonté de placer le multilatéralisme au cœur de la diplomatie américaine. Il est habité de l’idée que ceux qui dirigent les Etats partout dans le monde doivent agir d’une façon qui peut être soutenue par la majorité des habitants de la planète. Cela suppose une réhabilitation de l’ONU que son prédécesseur, Georges Bush, avait mis sur la touche pendant ses huit années à la Maison-Blanche. Des doutes se sont récemment exprimés quand Barack Obama a cautionné l’émergence d’une nouvelle gouvernance mondiale par l’entremise du G20, le groupe des 20 Etats les plus riches et les plus industrialisés. La légitimité du G20 est controversée. Ses actions tendent à contourner l’ONU.
Fermer Guantanamo.A peine élu, le président Barack Obama s’engage à fermer la très controversée prison de Guantanamo, où sont encore détenues plus de 200 personnes arrêtées par les Etats-Unis dans sa guerre contre le terrorisme lancée après les attentats du 11 septembre 2001. Le passage aux actes tarde. Les obstacles juridiques et politiques sont très nombreux.
Se retirer d’Irak En février, le président Barack Obama annonçait son intention de retirer le gros des troupes américaines d’Irak d’ici à fin août 2010 pour laisser une force de dizaines de milliers d’hommes, avant un désengagement total qu’il entend achever avant fin 2011.
Un monde sans armes nucléaires Le 5 avril à Prague, Barack Obama livrait un discours où il évoquait un monde sans armes nucléaires. En septembre, il prônait devant l’ONU une planète débarrassée de toutes ses armes nucléaires. Il présidait alors une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, qui entérinait à l’unanimité une résolution rédigée par les Etats-Unis appelant les pays nucléarisés à démanteler leurs arsenaux.
Détente vis-à-vis de Moscou Le président Obama a ouvert un nouveau dialogue entre son pays et la Russie, pour «remettre les compteurs à zéro». Dans cet esprit, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton rencontrait en mars dernier à Genève, siège européen de l’ONU, son homologue russe Sergueï Lavrov, à ce sujet. Ensemble, ils ont jeté les bases des futures discussions visant à réduire les arsenaux militaires américains et russes.
La politique de la main tendue Alors que George W. Bush, devant le Congrès en janvier 2002, pointait du doigt les pays dit de l’Axe du Mal en visant nommément l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord, le président Barack Obama tend la main à l’Iran et à la Corée du Nord. Son offre de dialogue vise à éviter l’escalade nucléaire dans ces deux Etats.
La réconciliation avec le monde musulman En juin, en Egypte, Barack Obama a prononcé son fameux «discours du Caire», destiné à jeter des ponts entre son pays et le monde musulman après des années de tensions liées aux attentats du 11 septembre 2001 et à la guerre contre le terrorisme qui s’en est suivie. Le «cycle de méfiance et de discorde doit s’achever», déclare-t-il, après avoir salué l’audience par un «Salam aleikum» («que la paix soit sur vous»). Au cours de ce discours, il se prononce en faveur du port du voile: «Il est important pour les pays occidentaux d’éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu’une femme doit porter» et d’ajouter «On ne doit pas dissimuler l’hostilité envers une religion devant le faux-semblant du libéralisme».
Parler avec les talibans Messager de paix, Barack Obama a hérité d’une guerre, celle d’Afghanistan. Il doit la mener à contre cœur et l’armée américaine semble toujours plus s’y embourber comme ce fut le cas jadis au Vietnam. Comment sortir de ce bourbier? En engageant d’abord davantage de militaires sur le terrain, a pour l’instant décidé Barack Obama. Mais son administration songe aussi à une tout autre tactique: se résoudre à discuter avec l’ennemi, les talibans. C’est un nouveau tabou qui serait brisé.

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