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Afrique: Être "pélésident de la répiblique", une tragédie africaine?

par Joël Didier Engo 29 Septembre 2009, 11:30 Analyses & opinions

Afrique: Être "pélésident de la répiblique", une tragédie africaine? N'est-ce pas cela, le vrai visage de la tragédie africaine, cette perpétuelle résurrection des tyrans, sous les habits militaires et/ou civils? des putschistes et/ou gérontocrates qui savent ne plus se rappeler des promesses de vacance du pouvoir, de respect de la loi fondamentale et des institutions républicaines? au bout de quelques nuits et années passés dans les palais présidentiels. Quel est donc ce continent où il faut absolument être pélésident de la répiblique pour réussir sa vie?
c'est comme dirait Jacques Séguéla - leur communicant préféré - porter une montre Rolex avant l'âge de 50 ans. L'illustration flagrante d'une profonde inculture démocratique.

Plus sérieusement...Coups d'Etat et Gérontocraties sont les deux visages de la tragédie africaine: les présidences à vie .En effet force est de constater que le capitaine Moussa Dadis Camara, putschiste qui veut se maintenir au pouvoir en Guinée Conakry, en reniant sa promesse initiale de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de janvier 2010; et Me Abdoulaye Wade qui, tout en appelant son homologue guinéen à la raison, se porte lui-même candidat à sa propre succession au Sénégal en 2012 (Abdoulaye Wade aura alors plus de 86 ans)...sont les deux visages d'une même tragédie africaine: l'excessive longévité au pouvoir. Pourtant la grandeur d'un Nelson Mandela en Afrique du Sud (à l'opposé d'un Robert Mugabe au Zimbabwé ou d'un Paul BIYA au Cameroun) tient précisément au fait , entre-autre, que le premier a surtout su tirer sa révérence au bon moment. Alors que Mugabe, Wade, BIYA, ou Dadis Camara... en refusant obstinément de tirer la leur, deviennent inévitablement «vieux jeux». Ils ne surprennent plus personne, et chacun peut instantanément deviner leurs (grosses) ficelles populistes; de telle sorte qu'ils ne sont plus que des clichés d'eux-mêmes, leurs propres stéréotypes.

Généralement ce syndrome de la présidence à vie commence par l'appropriation de son pays:"mon Cameroun c'est le Cameroun", "mon Zimbabwe", «mon Sénégal», «ma Guinée».... Pour finir par ne plus véritablement se réclamer du peuple. Si oui, uniquement afin qu'il accompagne des délires narcissiques, des holds up électoraux, et aide à entériner de véritables actes de haute trahison. Et qui peut raisonnablement penser -en dehors des thuriféraires et des flagorneurs en tout genre que des hommes qui se maintiennent 10, 20, 30, 40 années au pouvoir, sont réellement portés par le souci de bien-être social et économique de leurs concitoyens?

À l'évidence, pas grand monde. Car, soit ces hommes sont des jouisseurs impénitents du pouvoir, soit ils couvrent une paresse congénitale... qui les permet de perdurer aussi longuement à la tête de leurs Etats ( 10, 20, 30, 40 années sans interruption), sans jamais avoir à remplir quotidiennement leurs fonctions exécutives. Ils sont forcément les deux à la fois: jouisseurs impénitents du pouvoir et paresseux congénitaux. Nous tenons certainement là une des explications plausibles à l'inertie chronique dont souffrent les institutions étatiques en Afrique, et le retard de développement dans nombre de nos pays.

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