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Entre habits religieux et coutumes ancestrales

par Mohamed-Chérif Ferjani 22 Juin 2009, 18:00 Analyses & opinions

Par Mohamed-Chérif Ferjani
Professeur de science politique à l'Université de Lyon II.

Cher(e)s lecteurs et lectrices

Je tiens à préciser que ce que j'ai dit dans l'interview publiée par Libération était des réponses à des questions posées au téléphone. Je remercie le journaliste qui a respecté ce que j'ai dit en m'expliquant que les contraintes éditoriales ne permettent pas de reproduire tout ce que j'ai dit ni aborder tous les aspects de la question.

Ces contraintes peuvent être à l'origine de malentendus chez le lecteur qui n'en est pas averti ou qui ne veut pas en tenir compte. J'espère que les précisions que je donne ici permettront de lever ces malentendus, s'il ne s'agit évidemment que de malentendus !
Pour revenir à cette question, il est important de distinguer plusieurs niveaux :

- Les différences entres burqa, niqâb, hijâb, khimâr, etc. : Même s'il s'agit dans un cas comme dans les autres de pratiques vestimmentaires inséparables du statut de la femme dans les sociétés patriarcales, et, par là, de symboles de l'oppression, de l'exclusion et des discriminations dont elles sont victimes dans ces sociétés, on ne peut pas dire qu'ils sont équivalents : entre avoir un fichu sur la tête et porter un habit qui couvre tout le corps et ne laisse rien voir ou, au maximum, que les yeux.

- Il est également important de rappeler que ces pratique existaient avant l'islam, le christianisme et le judaïsme qui les ont plus ou moins tolérés, adoptés ou prônés : Dans les cités de l'antique démocratie grecque, les femmes libres, mais non les esclaves, ne pouvaient paraître en public que derrière un voile métallique.

- Dans chacun des cas, il faut savoir quelle est la part de religion et quelle est la part de coutumes ancestrales des sociétés concernées. Même lorsqu'il y a des prescription religieuses à ce sujet, il faut savoir quel est le statut de ces prescriptions : s'agit-il d'obligations intangibles comme le prônent les interprétations intégristes, ou de recommandations qui ne valent que par rapport aux circonstances dans lesquelles ces prescriptions ont vu le jour comme le revendiquent d'autres lectures ? Concernant les pratiques renvediquées ou prônées au nom de l'islam, la plupart des musulmans et des théologiens sont plutôt favorables à la relativisation des énoncés coraniques relatifs aux Khumur (pluriel de Khimâr), aux jalabîb (pluriel de jilbâb) et au hijâb. Il est important de préciser que le Coran ne parle nulle part de niqâb ou de burqu'.

- Le deuxième niveau concerne les raisons pour lesquelles les femmes portent de ce type de vêtement : dans quel mesure il est le fait d'un choix libre ou d'une pratique imposée par le conjoint, les parents, les frères, voire les enfants, les responsables religieux et/ou politiques ? Tant que les femmes concernées ne portent pas plainte contre les personnes qui sont à l'origine de la contrainte supposée ou réelle, et tant qu'on n'a pas des preuves attestant ces contraintes, il est difficile, dans un Etat de droit -où toute personne est innocente jusqu'à preuve du contraire-,  de donner une réponse tranchée sur ce genre de questions. Ceci étant, il ne faut pas être naïf : même s'il n'y a pas de contrainte directe, on ne peut négliger la part de pressions morales  du conjoint, de la famille, du milieux soci-culturel, des associations, des responsables religieux, voire de femmes converties à ces pratiques et qui croient bien faire en insistant auprès de leurs proches pour qu'elles fassent comme elles.

Le problème, pour une société démocratique est que, même lorsqu'il y a certitude quant à ces pressions, il est difficile de ligéférer sur ce type de violence : Il n'y que dans les régimes totalitaires qu'on vu légiférer sur les violences symboliques dont relève ce type de pressions. On peut déplorer que les femmes se laissent manipuler et se faire imposer les symboles de leur oppression, mais on ne peut pas les exclure, leur interdire ou leur imposer une queconque ligne de conduite en la matière ; si on le fait, comment peut on dénoncer ceux qui imposent ces symoboles aux femmes en Afganistan, en Arabie ou ailleurs ? Outre cette question de principe, il est difficile de faire des généralisations en la matière : Même si le port de telle ou telle forme de voile est souvent consécutif à des pressions diverses, on ne peut nier le fait qu'il y a des filles et des femmes qui le revendiquent contre la volonté de leurs proches (conjoint, parents ou amis soucieux de leurs intérêts).

Certaines donnent à ces pratiques une signification religieuse, d'autres le font par affirmation identitaire et arborent leur voile comme un drapeau. Il ne faut pas non plus négliger la part de “ruse” pour acquérir un pouvoir et jouer des rôles que seul le port du voile le leur permet que ce soit au sein de la famille ou dans les associations et les institutions communautaires. Il ne faut donc pas se voiler la face : certaines jeunes filles, notamment celles qui ne sont pas recluses et qui sont engagées dans des mouvements politiques ou culturels, assument ces pratiques comme un symbole de leur engagement dans une société où elles se sentent, à tort ou à raison, stigmatisées et rejetées à cause de ce qu'elles sont ou croient être.

Ne pas tenir compte de ces différences, et confondre tout, ne peut que favoriser les crispations, les peurs et les malentendus.
J'espère que ces précisions contribueront à clarifier mon point de vue lever les malentendus.
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JVMMAM 21/11/2010 01:03



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ALIZZATA LELLAHI JAMEEAN WA KAD NAZZALA ALYKOM FI ALKITABI AN ITHAA SAMETOM AYETI ALLEHI YOUKFAR BIHA WA YOUSTHAZA BIHA FALA TAKOUDOU MAAHOUM HATTA YAKOUTHOU FI HADITHIN GYREHI INNAKOM ITHIN
MITHLOUHOUM INNAA ALLAHA JAMIOU ALMOUNAFIKEENA WAL KAFIREENA FI JAHANNAMA JAMEEAN (VERSET 140 DU CHAPITRE LES FEMMES)"


 



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