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La honte de l'Afrique

par Dr Blaise Hameni 2 Mai 2009, 23:30 Analyses & opinions

Pouvoirisme, affairisme, refus de l’alternance, coups d’Etat militaire, prise de pouvoir par la force, transmission du pouvoir par hérédité, éternisation au pouvoir, dictature , parodie de démocratie, républiques bananières, parricides, homicides, génocides commandités, intrigues de tout genre, coup bas, manipulation politique, démocratie de façade, mis en scène électorales, partage de pouvoir irrationnel et absurde (Zimbabwe, Kenya) «l’Afrique noir est mal partie» Disait René Dumont ou pour dire mieux «l’Afrique noir n’est même pas partie».

 

De la Guinée en Mauritanie, du Congo, au Togo, du Zimbabwe au Soudan, du Kenya à Madagascar, de l’Est à L’Ouest, du Centre au Sud, c’est la cacophonie mêlée de violences. Est-ce une malédiction, un sort ou tout simplement le fruit du laxisme et de la démission de l’élite africaine? L’élite, quelle élite? La bourgeoisie nationale ou la ventrocratie politicienne? Les profiteurs de la république, pilleurs et corrompus? Les maîtres incontestés des cercles vicieux et occultes ?

 

Et les intellectuels où sont-ils? Tous ou presque, prise en otage par le politique, ils ne parlent et ne respirent qu’au rythme du battement du cœur du chef suprême de la mangeoire publique. Partout c’est la désolation, la misérabilisation extrême des peuples. C’est une situation paradoxale pour un continent doté d’une si grande richesse naturelle, mais peuplé des familles les plus pauvres de la terre.

 

Semez le chaos partout en Afrique, tyrannisez le peuple, appauvrissez, paupérisez, tuez, servez les intérêts supérieurs des métropoles. Mais, dirigeants africains, sachez qu’ «on peut tromper une partie du peuple tout le temps mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps». Comme des abeilles sur une ruche mielleuse, les «détenteurs du bouton de mise à mort» ont pris les grands gisements africains en otage, au Congo (Katanga), au Niger, au Burkina Faso, les forêts de l’Afrique centrale.

Certains défenseurs de la médiocrité qui trouvent leurs comptes dans cette situation chaotiques, soutiennent que la même chose se passe en Moldavie, en Ukraine, au Bangladesh pour ne citer que ceux-là. Mais ils ignorent que nous n’avons ni la même histoire ni le même destin, leur révolte produisent le plus souvent des résultats (la révolution orange) tandis qu’en Afrique la révolte appelle toujours à une réplique militaro policière hyper violente.

Pendant ce temps les opposants où sont-ils, en tout cas le philosophe Nono Emmanuel soutenait l’idée selon laquelle «le mensonge des politiciens n’engage que ceux qui y croient»

 

Fuite des cerveaux, émigration clandestine accélérée, l’Afrique se vide de ses enfants les plus valeureux. Que vont-ils chercher chez les autres en si grand nombre? Et si tout le monde s’en va qui va rester? Qui viendra un jour résoudre les problèmes des Africains, lorsque tout le monde serait parti? Peut-être donneront-ils le continent en location aux chinois qui sont en manque d’espace habitable et de débouchés? Notre situation actuelle est-elle fatale? Pourquoi tout le monde pense à s’en aller? Aller où? En occident. Pourquoi en occident? Parce que l’occident est bien organisé, bien structuré, on y gagne un peu plus qu’en Afrique. Mais qui a bien organisé et bien structuré l’occident  Est-ce l’occident qui viendra bien organiser nos sociétés Cette situation est la honte de l’Afrique.

Et l’élite extérieures ou la diaspora, que fait-t-elle? Elle se cherche dans les méandres juridico-judiciaire et administratifs du séjour à l’étranger. La diaspora est à l’image de samba Diallo dans L’aventure ambigüe de cheikh Hamidou Kane. Elle est à la croisée de plusieurs problématiques à résoudre: elle navigue entre l’urgence de la survie personnelle à celle du maintien en métropole, elle s’efforce aussi de plus en plus dans le sens d’une organisation susceptible de faire rentrer des fonds pour l’assistance des familles laissez sur place et le développement du pays. Dans ce cas l’exemple du Mali a marqué les esprits par la quantité des fonds rapatriés au service du développement de leur pays.

Plusieurs révoltes, plusieurs révolutions, plusieurs contestations, les violences et même les guerres n’ont pu rien y faire car le système néocolonial est bien installé et bien huilé et surtout bien entretenu par les «meilleurs élèves». Les peuples sur le continent noir crient, se plaignent, se lamentent, mais aucune issue favorable n’a encore été envisagée.

 

Heureusement, fort heureusement, que tout n’est pas que désolation dans ce continent séculairement meurtri par la haine des colons et néocolons agrippés à l’Afrique comme un champignon à son arbre tuteur.

Du point de vue politique, courageusement quelques rares Nations comme le Ghana, le Mali et l’Afrique du Sud tiennent le flambeau de l’alternance du pouvoir et sont en bonne voix dans la marche vers la démocratisation véritable.

 

Les ressources humaines sont de plus en plus qualifiées et nombreuses. Les nouvelles technologies sont de plus en plus maîtrisées faisant ainsi des formations à distances une réalité. On n’est plus obligé d’aller en occident pour se former comme ingénieur, pour avoir un Master ou un Doctorat. Les filières qui n’existaient pas sur le continent sont proposées aujourd’hui en ligne et les formations sont de haut niveau.

 

Au plan économique beaucoup reste à faire pour stopper ou réduire la saignée frauduleuse du sous-sol africain, du bois et des produits d’exportations. La résolution des problèmes de tutorat monétaire et des taxes du trésor français pour l’Afrique Francophone.

 


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