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Fortune de chefs d'états africains: Affaire classée

par Bacary Goudiaby 1 Avril 2009, 17:30 Lu pour vous

Le parquet s'oppose à l'ouverture d'une information judiciaire après une plainte visant trois chefs africains, soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent détourné.

Le parquet de Paris s'oppose à l'ouverture d'une information judiciaire à la suite d'une plainte visant trois chefs d'Etat africains par des associations qui les accusent d'avoir acquis en France des biens immobiliers grâce à des fonds publics détournés de leur pays, a-t-on appris mercredi 1er avril de source judiciaire. Le parquet de Paris considère que les plaignants n'ont aucune qualité à agir en France, relevant qu'il n'y a pas d'indices d'infractions en France et mettant aussi en avant l'ancienneté des faits dénoncés par les associations et surtout l'immunité dont bénéficient les chefs d'Etat en exercice.
Cette plainte avec constitution de partie civile, déposée le 2 décembre par Transparence International France, Sherpa et un ressortissant gabonais, accuse les chefs d'Etat de "recel de détournement de fonds publics", "blanchiment", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance".
Elle vise "les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée Equatoriale) ainsi que des membres de leur entourage", affirmaient les deux organisations non gouvernementales dans un communiqué commun, le 2 décembre.

Biens immobiliers de luxe
Le parquet de Paris, qui avait classé sans suite en novembre 2007 une enquête préliminaire menée après le dépôt d'une première plainte, va requérir un "refus d'informer" et s'opposer ainsi, dans un avis, à l'ouverture d'une information judiciaire qui implique la désignation d'un juge d'instruction.
La doyenne des juges d'instruction, Françoise Desset, n'est toutefois pas tenue par ces réquisitions. Il lui appartient au final de décider ou non de l'ouverture d'une information judiciaire dès lors que l'intérêt à agir des plaignants est reconnu.
Les deux principales cibles de cette plainte sont Omar Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, et Denis Sassou Nguesso, ainsi que leurs familles, propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe, selon les plaignants.

Enquête du parquet de Monaco
L'enquête préliminaire diligentée par le parquet de Paris a recensé les nombreux biens immobiliers acquis par ces chefs d'Etat ou par leurs familles -une dizaine au nom d'Omar Bongo. Pour le président gabonnais et sa famille, la plainte évoque la propriété d'un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le très chic XVIe arrondissement de Paris.
Denis Sassou Nguesso possèderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d'euros, dans les Yvelines, en région parisienne, et un appartement dans le cossu VIIe arrondissement de Paris. Plusieurs biens en région parisienne sont attribués à ses proches.
Leur entourage respectif disposerait également de nombreuses voitures de luxe. Le fils du président guinéen ayant acheté une quinzaine de véhicules pour près de 5.700.000 euros, selon des éléments de l'enquête.

Le parquet de Monaco a de son côté ordonné le 30 mars l'ouverture d'une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d'Edith Bongo, l'épouse décédée du chef d'Etat gabonais.

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