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Nos communautés et la crise financière mondiale

par Akodien 31 Octobre 2008, 01:02 Héritages d'Afrik

L'impact de la crise financière internationale actuelle commence à toucher sévèrement les économies africaines, les pays du continent commençant à redéfinir leurs stratégies économiques en serrant un peu plus la ceinture, en réduisant leurs budgets et leurs dépenses, afin de s'adapter à la réalité actuelle.

Des pays comme le Nigeria ont instauré des mesures d'austérité et commencé à harmoniser leurs projets de budget pour l'année 2009, tenant ainsi compte de la chute des recettes pétrolières.

Ainsi, les effets de la crise se font ressentir dans de nombreux pays, du Nigeria à l'Afrique du Sud en passant par l'Egypte, les trois principales économies du continent africain.

Selon les experts, outre les institutions financières comme les banques et les marchés de capitaux, qui ressentent déjà les effets de la crise en Afrique et dans le monde, les personnes physiques sont également touchées, étant donné le risque de voir les transferts de fonds effectués par les immigrés connaître une baisse significative.

Qu’en est-il des africains vivant en France ou des français noirs.

Lorsqu'il y a une récession de cette nature et compte tenu du fait que nous évoluons dans une économie mondiale, il ne fait aucun doute que la raréfaction des liquidités a un impact sur les économies, nos économies. Cette situation aura aussi des répercussions sur la gestion des budgets familiaux.

Cette communauté semble épargnée par la baisse du pouvoir d’achat et la crise qui secoue actuellement le monde. Les week-ends se suivent et se ressemblent. Les mariages succèdent aux mariages. Entraînant dans leur sillage un flux abondant de victuailles. L’argent coule à flots selon la tradition venue d’Afrique. Les belles tenues continuent d’arriver du pays pour la circonstance.

Il est vrai que marier sa fille ou son fils revêt un caractère et une importance particulière sous nos tropiques. Cette tradition a résistée au changement de pays, de continent. Elle a suivi l’immigré, pris le visa, passée les barrières douanières, répondue aux sourires de bienvenue des polices aux frontières européennes.


“Généralement, nous ne partons pas en vacances. Nous travaillons dur, donc il est normale que nos économies puissent servir à nos enfants pour le plus beau jour de leur ». Ces propos sont ceux d’une mère comblée pour la réussite du mariage du dernier de ses fils.

La tradition a été respectée. La mariée a pu exhiber devant tous ses nombreux cadeaux. Les griots ont vu leur prestation grassement récompenser au fur et à mesure qu’une épopée mettant à l’honneur un aïeul est entonnée. Ses descendants rivalisent ainsi de générosité. Cette générosité conforte le griot sur la noblesse de sa famille protectrice. Ces cérémonies familiales sont aussi l’occasion pour les mamans des mariés de recevoir de la part des amies et colistières de tontines «la salutation» de leurs « sœurs ». La chaleur de ces salutations se traduit par le montant plus ou moins élevé de la cagnotte.

Les toilettes ne sont pas en reste. Les femmes du Sénégal, de la Guinée, du Mali et de la sous-région ouest africaine rivalisent dans leurs toilettes rehaussées par une odeur provocatrice du «Gongo», encore appelé « reste-là » pour sa vertue à retenir le mari volage au foyer. Cette mixture aux senteurs dont elles gardent jalousement la recette. La richesse vestimentaire de ces dames d’un goût et d’une grasse est un tableau artistique. De la femme au boubou de bazin à la petite fille au pagne noué, le regard ne peut qu’être charmé par tant d’élégance naturelle. La distinction est spontanée, extravagante.

En voyant ces grandes toilettes, on se souvient que les Driankés de Dakar ont fait rêver des générations de peintres, de danseurs, d’artistes tant il est impossible de rendre cette grâce qui ne s’apprend pas mais est donnée en présent dès la naissance.

Les belles Signares, nouvelles bourgeoises locales des soleils des indépendances du début du siècle dernier ont fait école : la gestuelle et les atours d’aujourd’hui n’ont rien à leur envier.

Aucune femme au monde ne possède cette distinction, cette noblesse, cette démarche, cette allure, ce port, cette élégance, cette nonchalance, ce raffinement, cette santé, cet optimisme, cette inconscience, cette jeunesse, ce goût écrit Blaise Cendrars dans « Au cœur du monde » en décrivant la femme sénégalaise.

Drapée de tissus arachnéens, éclatants ou pastel qui ondulent au souffle des alizés, richement parée ou émouvante de simplicité dans son boubou de coton imprimé, elle illumine le spectacle de la rue.

Souveraine, sûre d’elle, elle va son chemin comme elle conduit sa vie, souvent auréolée d’enfants au regard étincelant, suivie d’effluves musquées et tenaces.

Quand on voit tout cela, on oublie la rigueur de la vie européenne et la crise qui nous fend douloureusement le cœur et le porte-monnaie.

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