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Avé Césaire

par Akodien 24 Avril 2008, 01:57 Héritages d'Afrik

L’émotion était à son comble, mercredi sur la place dédiée au mémorial du génocide arménien et de tous les génocides. La place Antonin-Poncet, dans le deuxième arrondissement de Lyon. Près d’une semaine après sa disparition, le poète martiniquais Aimé Césaire recevait en effet l’hommage des Lyonnais. La commémoration était à l’initiative d’un collectif d’associations qui oeuvrent pour la promotion de la culture africaine et de sa diaspora.

Une commémoration sobre, mais chaleureuse, voilà peut-être ce que l’on retiendra de cette cérémonie. Sobre, humble…peut-être aussi à l’image de l’homme qu’elle célébrait.

Aimé Césaire, le poète, était dans le cœur de tout le monde ce soir-là. Trois portraits, trois photographies de l’écrivain ornaient la place. La cérémonie s’est ouverte par un son, celui, singulier, d’une conque de lambi. Cet instrument de musique traditionnel, élaboré à partir d’un coquillage, rendait ainsi hommage, à sa manière…pendant que l’assistance observait, solennelle, une minute de silence.

S’en sont suivis  maints discours, mais aussi et surtout des poèmes d’Aimé Césaire, prononcés religieusement par tous ceux qui ont admiré sa vie, son œuvre. Sur l’estrade, les intervenants défilaient. Porte-parole d’associations, journaliste, ami intime du poète, tous avaient un mot à dire, des vers à réciter. Les paroles étaient ponctuées de temps à autre par l’intervention de chants et de danses traditionnelles,  originaires de Martinique.

Tout autour, le public écoutait, se recueillait. Un public aux origines variées. Martiniquais, bien sûr, mais également Ivoirien, Sénégalais, Français. Des hommes, des femmes, des jeunes, voire même des enfants, et des moins jeunes. Tous connaissaient Aimé Césaire… pour des raisons différentes. D’aucuns étaient militants dans des associations, enseignants, juristes, partageant le même combat, les mêmes convictions. Césaire, ils l’avaient pour la plupart, appréhendé à travers ses œuvres, ses écrits, quand certains ne l’avaient pas côtoyé personnellement. D’autres, enfin, venaient tout simplement rendre hommage à l’enfant du pays, qui avait tant œuvré pour sa patrie.

Pour les gens, en général, Césaire reste le symbole d’une lutte. Lutte contre le colonialisme, bien sûr, et pour la valorisation des origines africaines, de la culture nègre, en l’occurrence. Lutte, également,  pour tous les peuples opprimés et pour l’Humain, dans son universalité.

Quant à savoir quel aspect l’Histoire retiendra de cet homme, les opinions divergent. Certains, notamment les Martiniquais, retiendront peut-être avec plus de facilité la dimension politique d’Aimé Césaire, qui a tout de même été maire de Fort de France pendant plus d’une cinquantaine d’années. Nombreux, cependant, sont ceux qui se souviendront, en premier lieu, des poèmes, des pièces de théâtres, bref, de l’artiste Césaire. Mais d’un artiste engagé, militant…une dimension n’excluant pas l’autre.


 


 

Julia GAULON

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