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Air Sénégal International: Les ailes se fissurent

par Akodien 31 Octobre 2007, 15:50 Nouvelles du jour

air-sen-hotesse.gifCréée en 2001 par des privés sénégalais, la société est ensuite passée à une recomposition de capital de l'ordre de 49% d'actions pour le Sénégal contre 51% pour les partenaires marocains. Elle exploite quatre avions dont deux sont loués avec une garantie de la RAM.
Mise en place pour succéder à la défunte Air Afrique, ASI assure la desserte intérieure au Sénégal, entre Dakar et les villes de Saint-Louis et Ziguinchor notamment, en plus de lignes extérieures. Elle se veut le symbole de la coopération entre Dakar et Rabat.

Née d’un élan, de coopération et de développement économique, la compagnie Air Sénégal International, fait ses débuts dans les cieux le 23 février 2001. La jeune compagnie, constituée officiellement le 02 novembre 2000, est le prolongement des relations entre le Sénégal et le Maroc.
Air Sénégal International possède actuellement quatre avions dont deux Boeing de la toute nouvelle génération :
Pour la plupart de ses dessertes africaines et européennes Air Sénégal International utilise un Boeing 737-700 équipé en bi-classe.
Enfin Air Sénégal International possède également un turbo propulseur de nouvelle génération construit par le canadien Bombardier, utilisé pour les vols domestiques et de voisinage.
Air Sénégal International a été élue la meilleure compagnie Africaine en 2003.
Ce paragraphe appartient désormais à l'histoire. Depuis quelques mois, la comapgnie connait des problèmes.


La compagnie bat de l'aile

Les difficultés d’ASI débutent en 2004. Le Maroc et le Sénégal auraient-ils surestimé les perspectives de développement de la compagnie et consenti des investissements de lancement trop conséquents ? En tout état de cause, RAM est appelée à la rescousse et avance la somme de 10 millions d’euros en septembre 2006. Parallèlement, un plan de redressement est adopté. Celui-ci prévoit, entre autres, un ralentissement de l’activité d’où le retrait d’un appapreil et la suppression des dessertes de Milan et Accra, le tout acccompagné d’une réduction des effectifs. Les deux parties se mettent d’accord. Mais le plan tarde à être mis en place. A quoi est dû ce retard ? On n’en saura pas plus encore une fois même s’il se chuchote que c’est un manque de coopération du ministère sénégalais des Transports qui avait été tenté, dans les faits, de rejeter les mesures de ce plan. Mais ce ne sont là que des hypothèses.

Sur le terrain, la situation est loin d’être sereine. Cadres, syndicats et opinion publique développent progressivement une hostilité à l’égard de la partie marocaine au point de provoquer des dissensions au sein du Conseil d’administration d’ASI. Des administrateurs qui avaient pourtant approuvé le plan de redressement adoptent subitement la position contraire. Quelles ont été leurs motivations ? Qui a intérêt à inverser la situation ? Qui manipule ces administrateurs ? De quel courant politique tiennent-ils ?

Une chose est sûre. Le Maroc ne compte pas que des amis au Sénégal. Rien ne va plus. La crise sociale est latente et la grogne des syndicats grandit. Ce qui n’arrange rien aux difficultés financières qui vont grandissants. Les 26 et 27 mars dernier, c’est donc la grève générale à ASI. La presse locale s’empare du dossier qu’alimentent les déclarations des représentants des syndicats sénégalais. RAM est accusée de « mauvaise gestion » et le personnel réclame la « tête du directeur général d’ASI ». Benhima est « dépêché » à Dakar.

Ce serait à l’invitation du président sénégalais, Abdoulaye Wade. Au risque de rompre la relation entre les deux compagnies. Le président de RAM emporte dans ses bagages trois scénarios : le retrait pur et simple de la compagnie, la mise en place de mesures de redressement avec un retour de la confiance ou le dépôt de bilan. C’est finalement le premier scénario qui semble être retenu.

Rappelons qu’ASI emploie 450 personnes et 150 intérimaires et qu’une des principales revendications concerne la réintégration de ces intérimaires. Six cadres marocains ont rejoint Dakar au début de la semaine dernière.

La problématique posée par la crise d’ASI dépasse le cadre de l’entreprise. La compagnie a effectivement une double nature puisqu’elle est à la fois marocaine (RAM en est l’actionnaire majoritaire) et sénégalaise puisqu’il s’agit de la compagnie nationale du Sénégal. Cette dualité est épineuse. Non pas parce qu’il s’agit de deux nationalités différentes mais davantage parce qu’elle fait entrer en ligne l’enjeu politique. Ce qui ne correspond pas nécessairement aux impératifs de rentabilité économique. D’où l’urgence d’étudier de nouvelles formes de partenariat en Afrique. Serait-ce pour cela que le projet maroco-gabonais a été mis en veilleuse ?


ASI restera donc au Sénégal.

Le gouvernement du Sénégal a décidé de reprendre la gestion de la compagnie de transport aérien Air Sénégal International (ASI) constituée d'intérêts marocains et sénégalais et gérée par la Royal Air Maroc (RAM), a-t-on appris mardi de source officielle.

"Le Sénégal a décidé de reprendre la gestion de la compagnie Air Sénégal International", a déclaré le ministre des Transports terrestres et des Transports aériens Farba Senghor qui donnait un point de presse dans les locaux de son département.
Cet engagement des autorités sénégalaises fait suite à une rencontre, lundi à Casablanca (Maroc), entre le ministre sénégalais et le président de la Royal Air Maroc, Driss Benhima, pour discuter du devenir d'Air Sénégal International.
La mesure a été prise pour résorber le déficit financier de la compagnie estimé à 12,9 milliards de francs CFA en 2006, soit "la moitié de son capital social". ASI a été confrontée à des difficultés de gestion qui ont conduit les travailleurs à observer des mouvements de grève en 2006 et 2007.
"La gestion par le Maroc a montré ses limites. Il faut maintenant que le Sénégal s'essaye à la gestion", a souligné M. Senghor, précisant que "c'est la partie marocaine qui a demandé cette réforme et veut qu'elle entre en vigueur à partir de janvier 2008".

Le déficit de la compagnie est le résultat de "factures tardives de la RAM", a indiqué Farba Senghor.
Les deux parties, sénégalaise et marocaine, sont provisoirement tombées d'accord sur une contribution sénégalaise de 75 % au capital d'ASI, contre 25% pour le Maroc. Si cette "formule" est adoptée par le comité technique mixte, le Sénégal financera la recapitalisation de la compagnie à hauteur de 23 milliards de francs CFA.
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