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Les vrais bourreaux de l'Afrique

par Akodien 22 Octobre 2007, 11:10 Medias d'Afrik et de la Diaspora

Un rapport frappant vient d'être publié par des journalistes chevronnés, après avoir regardé comme plusieurs d'entre-vous le film (docu-fiction) sur Canal+ qui traite de  ce qui est communément appelé: "l'affaire Elf", j'ai voulu partager avec vous ces quelques lignes d'investigation qui frôlent parfois avec l'indécence humaine. Lorsque l'immoralité des Hommes politiques suscite la révolte des petites gens, la fin semble plus très loin pour ces barbares des temps modernes. Lisez ce document accablant pour comprendre la souffrance des peuples africains:
“Pas très loin de la Guinée Equatoriale, on trouve un Etat pétrolier, le Gabon, avec à sa tête depuis 1967, Omar Bongo Ondimba. Alors que le Gabon exporte plus de 13 millions de tonnes de pétrole brut par an, Joseph Hanlon estime la dette contractée par Bongo, toujours au pouvoir à 4 milliards $. Le Président gabonais confondant budget de l’Etat et revenus personnels, ce chiffre donne une idée de l’enrichissement colossal de la tribu Bongo, après 39 ans de mainmise sur les différents biens des Bongo : 2 villas aux Etats-Unis, une propriété à Nice, un appartement avenue Foch et des participations dans plus de 50 sociétés gabonaises ou étrangères. Il serait aussi le plus grand propriétaire foncier de Libreville. Il se déplaçait à l’époque avec un DC 8 rénové grâce à un prêt de 16 millions de francs du Fonds français d’aide et de coopération. Le Président Bongo aurait, comme monsieur Obiang, bénéficié de la rente pétrolière de son pays et des différentes commissions qu’il percevait de l’entreprise française Elf pour accroître sa fortune personnelle. Ainsi, il possédait, en copropriété avec cette dernière et avec Denis. Sassou-Nguesso, la banque FIBA, domiciliée à Libreville, qui recevait, à l’époque, toutes les commissions versées par la compagnie pétrolière pour l’obtention de contrats. En 1999, au coeur de l’instruction de l’affaire Elf, le Sénat américain publie un rapport d’enquête, une nouvelle fois sur l’initiative du sénateur démocrate Carl Levin, sur l’origine de la fortune du président gabonais. On peut y lire les informations suivantes : « M. El Hadj Omar Bongo est devenu client de la Citibank en 1970. En près de trente ans, le président du Gabon et sa famille ont tissé des relations étroites avec le département de gestion privée de la Citibank, à New York. Ils ont détenu de multiples comptes auprès de ses différents bureaux, à Bahreïn, au Gabon, à Jersey, à Londres, au Luxembourg, à New York, à Paris et en Suisse. Que ce soient des comptes courants, des fonds de placement, des dépôts à terme ou des comptes d'investissement. La plupart des comptes gérés à New York ont été ouverts au nom de Tendin Investments Ltd, une société écran située aux Bahamas, et cédée au président Bongo en 1985. Quant aux comptes gérés à Paris, ils ont été établis au nom d'une deuxième société écran, Leontine Ltd. En outre, le bureau de New York a ouvert, en 1995, un compte bancaire intitulé «OS», dont le titulaire n'est autre qu'Omar Bongo. (…) Le président Bongo détient d'autres comptes en Suisse. Se retranchant derrière les lois sur le secret bancaire suisse, la Citibank n'a fourni aucune information sur ses avoirs en terre helvète. » On découvre plus loin qu’une partie de l’argent aurait servi à financer sa campagne électorale en 1993 ou le voyage des Bongo au 50ème anniversaire de l’ONU (1,6 million $). Les sénateurs n’ont, en tout cas, aucun doute sur la provenance des fonds. « Les fonds gouvernementaux du Gabon sont bien la source première des avoirs se trouvant sur les comptes d'Omar Bongo.» Au total, le montant des avoirs du président gabonais, qui ont été placés sur ses différents comptes bancaires à la Citibank, à New York, de 1985 à 1997, serait d'environ 130 millions de dollars. En 1997, la Citibank rompt ses relations avec le gouvernement gabonais et décide de fermer tous les comptes. Il ne sera jamais inquiété aux Etats-Unis, ni en Europe. En 2001, dans son livre « Blanc comme Nègre »,le président gabonais écrit : « O. Bongo n’a pas de comptes en Suisse ! Celui qui trouvera un compte de Bongo en Suisse, je l’embrasserai et je lui servirai du champagne. » Pourtant, en 1997, en plein coeur de l’affaire Elf et à la suite d’une commission rogatoire internationale de la France, un juge d’instruction suisse, Paul Perraudin, saisit les comptes d’Alfred Sirven et André Tarallo. Il recherche les bénéficiaires ultimes de cet argent. Il découvre un compte bancaire à la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC) de Genève, au nom de la société Kourtas Investment installée au Bahamas, ouvert par le conseiller du président gabonais, Samuel Dossou. Le président Bongo en serait le bénéficiaire économique. Pendant deux années, les avocats de Bongo (Jacques Vergès et Dominique Poncet) ont tout fait pour expliquer que ce compte était « alimenté par les fonds appartenant à la présidence » et qu’il bénéficiait de l’immunité présidentielle, mais le tribunal fédéral suisse rejeta leur requête en 1999. En enquêtant sur Kourtas, le juge Perraudin découvre aussi que Bongo possèderait la société panaméenne Devenport, toujours à travers son conseiller spécial, Samuel Dossou. Ces deux sociétés ont été impliquées dans l’affaire Elf. Les comptes, alimentés par les revenus du pétrole, étaient au coeur d’un montage financier. Ces fonds auraient permis, après leur transfert sur des comptes d’Alfred. Sirven, notamment le compte Mineral, de verser de l’argent à des personnalités politiques, mais aussi à des fonctionnaires et à des hommes d'affaires français et étrangers. L’ordonnance de renvoi des juges instruisant le procès Elf, à la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris indique, elle aussi, l’existence de comptes du président Bongo en Suisse : « Le compte personnel du président BONGO à la FIBA était essentiellement crédité par des transferts bancaires en provenance de Libreville, de Genève (CIBC), du Lichtenstein ou des Etats-Unis (en liaison avec M. ROGERS, dirigeant de la CITYBANK à Paris). M. Hodray, alors directeur général de la FIBA, évalue à un montant global de 30 à 40 millions de francs [suisses] par an l'alimentation du compte du président BONGO. Ce compte était essentiellement débité de retraits en espèces effectués sur instructions téléphoniques du président BONGO et remis à des personnes, le plus souvent africaines, qui se présentaient à la banque. » Les relations entre la France et le Gabon sont telles qu’Omar Bongo n’a jamais été inquiété et aucune mesure n’a été prise demandant le gel de ces fonds, que l’on peut supposer d’origine illicite. En 1992, le gouvernement français aurait même payé les notes d’hôtel de toute la délégation gabonaise accompagnant Bongo, notamment celle de l’Hôtel Crillon : 30 millions de francs au total. Beaucoup d’hommes politiques français ont fréquenté ou fréquentent encore le président gabonais et ses différentes propriétés. Il le leur rend bien car il aurait souvent financé les campagnes électorales de partis politiques français amis, notamment par l’intermédiaire de la caisse noire d’Elf. Lors du procès Elf, l’ancien patron de la compagnie pétrolière Loïc Le Floch Prigent a ainsi admis avoir « su l’existence d’une caisse noire et (…) toléré cette pratique. Je sais que des interventions ont eu lieu auprès d’hommes politiques français, poursuit-il, et je l’affirme.» Outre les hommes politiques, Bongo entretient de très bonnes relations avec les investisseurs étrangers, notamment français. A l’époque de l’affaire Elf, il offrit à André Tarallo, une villa en Corse du Sud, qu’il décrivit lui-même « conçue pour être une villa de réception destinée aux rencontres franco-africaines » (Villa Cala Longa, d’une valeur de 13 millions d’euros). Tarallo, le Monsieur Afrique de la compagnie française, achètera également avec l’argent des comptes en Suisse, un appartement de 400m² à Paris, 55 Quai d’Orsay, dans le 7ème arrondissement pour 2,1millions d’euros. 4,1 millions d’euros supplémentaires servirent pour les travaux d’aménagement. Lors de l’audience, il affirmera que cet appartement devait servir au président gabonais. Un autre dirigeant d’Elf, Loïc Le Floch Prigent, ancien PDG de la compagnie pétrolière acquit à la même période, en 1990 un hôtel particulier, l’hôtel de Nanteuil, 36-38 rue de la Faisanderie à Paris. Cet hôtel répertorié dans le guide « des palais parisiens de la Belle époque » a une surface habitable de 600m² et un jardin de 300m². Il aurait été acheté 8,6 millions d’euros en 1990 via des fonds issus d’un compte suisse d’Alfred Sirven. Pendant l’instruction de l’affaire Elf, Le Floch Prigent a soutenu que l’immeuble était destiné à une « personnalité africaine » mais a reconnu plus tard qu’il lui servait d’ « appartement de fonction ». Le président du Gabon en aurait reçu le titre de propriété en guise de « commission en nature. » En plus de ces biens et des biens listés par P. Madelin, O. Bongo posséderait plusieurs propriétés à Paris dans le XVIème arrondissement, dont un hôtel particulier où il reçoit régulièrement les hommes politiques français, à côté de l’avenue Foch : il se situerait dans une voie.
De l’autre coté, il y’a son beau père et ami, le président Denis Sassou-Nguesso est au pouvoir au Congo Brazzaville depuis 1997, à la suite d’un coup d’Etat. Il avait déjà dirigé de façon très musclée le Congo Brazzaville de février 1979 à août 1992. Il a assuré durant toute l’année 2006 la présidence de l’Union africaine. Ces différents titres ne l’empêchent pas d’avoir détourné des fonds publics congolais pour son enrichissement personnel. En 2001, un rapport du Fonds monétaire international, faisant suite à une mission début novembre 2001, dénonçait les affectations des fonds publics congolais dans des comptes privés autres que ceux du trésor public. Selon le FMI, entre 1999 et 2002, 248 millions de dollars provenant de l’extraction du brut n’ont pas laissé de traces dans la comptabilité nationale. Dans le budget 2003, sur les 800 millions de dollars de rente pétrolière, seulement 650 millions $ ont été inscrits. Le Président Sassou N’guesso a ainsi, pendant des années, pillé les richesses du pays. Il a profité des bonus - des prêts gagés ou préfinancements - des diverses commissions sur la vente du pétrole, et de la PID « provision pour investissements diversifiés », véritable caisse noire, non budgétisée de 1997 à 2002. Elf, puis Total, qui fournit à l’Etat congolais 70% de ses revenus pétroliers, ont été à la tête de ces malversations. Sa fortune provient aussi de rétro-commissions touchées sur des contrats de passation de marchés publics, du pillage du trésor public… L'action judiciaire de « fonds vautours », qui avaient racheté à bon compte une partie de la dette congolaise, a mis au jour, en 2005, un système de sociétés écrans contrôlées par des hommes proches du président Denis Sassou N’guesso. Selon les jugements de juridictions britanniques et américaines, ces sociétés déviaient une partie de l'argent du pétrole vers des comptes bancaires situés dans des paradis fiscaux. Le 28 novembre 2005, la chambre commerciale de la Cour royale de Londres condamnait le Congo à rembourser des créances impayées à Kensington International, un fond vautour basé dans un paradis fiscal, les îles Caïman. Au coeur du dispositif, on découvre une petite entreprise basée aux Bermudes, Sphynx Bermuda, au capital de 12 000 dollars seulement, qui a réalisé des opérations pour un montant de 472 millions de dollars ! Elle achetait du pétrole à la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), souvent au-dessous des prix du marché et le revendait sur le marché international. Selon la Cour royale de Londres, il n'y a « aucun lien entre les espèces qui transitaient par ses comptes bancaires et les sommes d'argent qu'elle aurait dû recevoir en contrepartie du pétrole qu'elle vendait ». Ces deux sociétés ont le même dirigeant : Denis Gokana, un conseiller de Sassou-N’guesso. Le fils du président en faisait aussi partie. En avril 2006, c’est au tour d’un juge fédéral américain de juger recevable une plainte de Kensington International contre le groupe bancaire français BNP Paribas et la Société nationale pétrolière congolaise pour blanchiment d’argent. Ces dernières se seraient associées pour cacher sciemment aux créanciers de Brazzaville des revenus tirés de la vente de pétrole par le biais d'un système de pré paiement « complexe et structuré de manière inhabituelle. » Sous la conduite de M. Itoua, la société nationale pétrolière congolaise a, de 2001 à 2004, utilisé une étourdissante série de transactions fictives complexes et de compagnies paravents pour piller la richesse pétrolière du pays. Parmi les intermédiaires supposés, on trouve une société enregistrée aux Iles vierges britanniques avec « pour seul identifiable lieu d'activité… une résidence privée à Monaco ». Ces deux exemples montrent bien que le Congo Brazzaville cache sciemment ses revenus pétroliers. Et, alors même que 70 % de la population congolaise vit avec moins d’un dollar par jour, le président Sassou N’guesso et ses proches collaborateurs mènent grand train. Venu prononcer un discours de quinze minutes au sommet du 60e anniversaire de l'ONU en septembre 2005, il aurait dépensé 140.000 euros pour une semaine en note d'hôtel. En visite à Paris pour la conférence sur les mécanismes innovants de financement du développement, fin février – début mars 2006, Sassou serait descendu accompagné de 87 personnes au luxueux hôtel Meurice. Il aurait réitéré les mêmes exploits l’année dernière lors de deux voyages à New York. Il aurait dépensé plus de 400000 dollars en factures d’hôtel. Denis Sassou-Nguesso s’est ainsi constitué avec ses proches une richesse colossale, qu’il est difficile aujourd’hui d’estimer. On trouve en 1997 un compte numéroté de 140 millions $ déposé dans la banque luxembourgeoise SEB et géré par son ministre de la justice. Il détiendrait d’autres comptes en Suisse, aux Etats-Unis et sans doute en France, pour lesquels il n’a jamais été inquiété. Il possède également avec sa famille, dont sa fille est la femme du président gabonais, O. Bongo, de multitudes de biens au Congo Brazzaville. Il contrôlerait, avec sa famille, une bonne partie de l’économie de son pays. Sa fortune était évaluée à plus d’un milliard de francs français en 1997 par F-Xavier Verschave. Il possèderait aussi de nombreuses propriétés en Espagne, au Maroc et bien sûr en France :« un très grand pied à terre » au Vésinet (La villa Suzette, avenue Galliéni), à l’Ouest de Paris et un appartement avenue Foch à Paris. Il serait également propriétaire d’un appartement avenue Rapp. De plus, si on se réfère au travail accompli par des citoyens congolais sur les biens mal acquis « des nouveaux riches congolais », on découvre que beaucoup de ses proches possèderaient des propriétés dans la région parisienne. Ainsi, son neveu Wilfrid, qu’il a nommé conseiller politique et qui dirige la société congolaise des transports maritimes (Socotram), possèderait un appartement de 550 m² avec une belle terrasse de 100 m². Selon les chiffres des agences immobilières proches, le logement peut être évalué entre 2,5 et 3 millions d’euros. Le neveu du président congolais aurait aussi un faible pour les voitures de luxe : Porsche, Mercedes, BMW, Jaguar et une Aston Martin DB9 auraient leur place dans les sous-sols de l’immeuble. Le frère du président, Maurice Nguesso, PDG de la compagnie pétrolière Likouala SA, plusieurs fois mise en cause par la justice, possèderait une propriété à Argenteuil. Un autre neveu, Edgar N’guesso directeur du domaine présidentiel, posséderait un bel appartement dans le 16ème arrondissement à Paris. La liste est longue et hormis la famille de Sassou-Nguesso, elle révèle de nombreux biens au Congo ou en France, détenus par l’entourage du président congolais et par de hauts fonctionnaires… à croire que les ressources du pétrole ne profitent qu’à eux ! Quant à Pascal Lissouba, l’ancien président du Congo (1992-1997), renversé par Sassou- Nguesso, il passe des journées tranquilles en France, après son exil à Londres, dans un hôtel particulier rue de Prony dans le 17ème arrondissement de Paris. Il aurait acquis cette villa alors qu’il était encore au pouvoir. C’est M. Houdray, directeur de la FIBA, qui aurait procédé à l’acquisition, à partir d’un compte du président Lissouba à la FIBA, lequel était alimenté par le ministère des Finances et par des fonds d’origine inconnue. C’est aussi, à partir de ce compte que l’épouse du président aurait effectué de nombreux retraits d’espèces qui, parfois, dépassaient le million de francs français. La villa se situe curieusement à côté de l’ancienne résidence de l’ancien « Monsieur Afrique » de l’Elysée, Jacques Foccart. Alfred Sirven, ancien directeur aux Affaires Générales d’Elf, a reconnu à l’audience avoir transféré plus de 50 millions de francs français, appartenant à Pascal Lissouba du Liechtenstein à Jersey et Monaco. « Il était à l’époque nécessaire de vider ses comptes et de transférer physiquement l’argent ailleurs. » Une chose est certaine : c’est qu’il ne fait pas bon enquêter pour savoir où va l’argent du Pétrole au Congo Brazzaville. Débuts avril 2006, deux militants engagés dans la lutte contre la Corruption ont été incarcérés à Brazzaville après avoir été inculpés d'« abus de confiance » et de « Faux en écriture ». Christian Mounana, président de la Rencontre pour la paix et les droits de L’homme (RPDH), et Brice Mackosso, de la Commission justice et paix de l'Eglise catholique, Militent dans la coalition « Publiez ce que vous payez », qui exige des autorités plus de Transparence dans la gestion de la rente pétrolière.227 Ils ont été condamnés en décembre 2006 à Une peine de prison avec sursis et une amende. Leurs condamnations devaient mettre fin à leur Interdiction de sortie du territoire congolais. Mais depuis, ils ont été empêchés de se rendre au Forum social mondial à Nairobi en janvier 2007 et au Sommet citoyen France Afrique en février 2007 à Paris”. C'est ça l'Afrique!

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