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Pour ceux qui ont 20 ans aujourd'hui

par Akodien 15 Octobre 2007, 14:26 Nouvelles du jour

 

Thomas-Sankara-au-stade.jpgA l’occasion du vingtième anniversaire de son assassinat, la jeunesse d'Afrique salue la mémoire de Thomas Sankara et sa volonté farouche de dire non à la dette.
Arrivé au pouvoir par une « révolution démocratique et populaire » en août 1983 en Haute-Volta, qu'il rebaptise Burkina Faso (« pays des hommes intègres »), Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. L'Afrique tient à commémorer aujourd’hui le 20e anniversaire de sa mort tragique.

Les peuples africains n’ont pas oublié celui qui incarne aujourd’hui
encore la résistance la plus éclatante et la plus sincère à la logique imposée par le FMI et la Banque mondiale. Très vite, il a tenté d'instaurer une indépendance économique et de développer la production locale. C’est le « consommer burkinabè », pour lequel il n'a pas hésité à
déclarer : « Regardez dans vos assiettes. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c'est ça l'impérialisme. N'allez pas plus loin. » Il s'est attelé à la construction de services sociaux solides (santé, éducation, logement), a agi pour la libération de la femme et mené une grande réforme agraire de redistribution de la terre aux paysans.

Très populaire, il a milité avec acharnement pour la constitution, de la
part des dirigeants africains, d’un front du refus de rembourser la dette, que le CADTM appelle également de ses vœux à l’échelle de tous les pas du Sud. Lors de son discours à Addis Abeba le 29 juillet 1987, Thomas Sankara avait lancé l’offensive : « La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l'Afrique (…). La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. ». Avant de mettre ses pairs au pied du mur : « Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer. »
Mais il était parfaitement conscient des risques qu’il courait : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j'ai grand besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer, nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. »

Thomas Sankara n’a pas pu se rendre à la conférence suivante… En rupture totale avec la logique des grandes puissances, il est mort assassiné voici 20 ans et Blaise Compaoré l’a remplacé alors pour « rectifier la Révolution » et la mettre sur les rails du néolibéralisme.

En ce jour, la jeunesse d'Afrique et de sa diaspora saluent la mémoire de Thomas Sankara et veut placer au cœur du débat public ses thèmes de lutte qui sont restés terriblement d’actualité : front du refus de payer la dette, rupture avec le FMI et la Banque mondiale, production tournée vers la satisfaction des besoins nationaux (notamment la souveraineté alimentaire), indépendance politique et économique, garantie des droits humains fondamentaux.

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