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Prendre des risques pour le développement de l'Afrique

par Akodien 25 Septembre 2007, 21:52 Héritages d'Afrik

Kabureba.jpgDonald Kaberuka a expliqué les grands chantiers et les efforts en cours de l'institution financière
"Notre vision du développement est de bâtir une meilleure Afrique pour ses populations. Une Afrique débarrassée de la misère, soustraite de la dépendance économique. Bref une image positive du continent noir" : c'est ce message plein de promesses et d'optimisme que le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka a délivré aux journalistes, dimanche, lors d'une conférence de presse organisée à hôtel de l'Amitié dans la capitale malienne.

Des risques à prendre
Le président de l'institution financière africaine qui bouclait une visite de cinq jours dans le pays de Soundjata Keïta, a évoqué les réformes en cours au sein de la BAD, les grands chantiers régionaux (en cours ou en projet) de la banque et la promotion du genre.

Donald Kaberuka a assuré que la BAD apportera son soutien aux projets du Mali et d'autres pays, en fonction des moyens disponibles. Cet engagement, a-t-il expliqué, se fonde sur la performance réalisée par notre pays dans la gestion de son portefeuille et s'illustre par un niveau de décaissement très satisfaisant. A ce jour, une enveloppe de 400 millions de dollars, environ 200 000 milliards de Fcfa, est disponible pour financer les projets soumis par le Mali. Le patron de la BAD a annoncé des efforts en cours pour améliorer les procédures de décaissement de la banque car, reconnaît-il, de sérieuses difficultés existent encore dans ce domaine. "La banque fera le nécessaire pour améliorer le système", a-t-il promis.
Rappelons que la BAD intervient dans le financement de nombre de projets et programmes de réalisation d'infrastructures dans notre pays. En plus du secteur routier, la BAD est active dans le domaine agricole avec de nombreux financements accordés pour la maîtrise de l'eau (construction de micro-barrage, réalisation de forages, hydraulique villageoise).
Évoquant le monde des affaires, Donald Kaberuka a réaffirmé l'engagement de la BAD à accompagner le secteur privé, même si cela ne va pas sans problème. "Nous sommes conscients qu'il y a des risques à prendre. Mais les expériences tirées des interventions au Cameroun, au Kenya permettront à la banque de circonscrire les risques", a-t-il indiqué.

Universités Régionales de Pointe
Sur les grands chantiers de la promotion du genre et de l'emploi des jeunes en Afrique, Kaberuka confirmera que l'une des préoccupations essentielles de son institution est d'éviter que le continent ne dilapide ses ressources humaines. Constituant plus de 50% de la population africaine, les femmes représentent par conséquent plus de la moitié du capital humain de notre continent. Laisser les femmes à la touche constituerait donc un énorme gaspillage. Idem pour la jeunesse qui représente environ 65% de la population africaine. La BAD a, par conséquent, choisi d'inscrire ses actions dans la durée en mettant l'accent sur la formation des jeunes. Ainsi la banque a un programme dont l'objectif vise à terme la création d'universités régionales sur le continent. En Afrique de l'ouest, des discussions sont en cours avec l'Uemoa et la Cedeao pour la création d'une université de pointe dans notre espace économique. L'objectif est de doter l'initiative "adéquation formation-emploi" en cours dans ces pays d'un support intellectuel durable.

Pour Donald Kaberuka, même s'il n'y a pas d'opportunité à l'heure actuelle, si les jeunes sont formés, la formation leur sera utile le moment venu. "Il est plus facile pour un chômeur formé de saisir des opportunités que pour un chômeur non formé", a-t-il relevé.
Ouvrant le dossier du coton, le patron de la BAD mise, à la fois, sur l'aboutissement des négociations en cours à l'OMC et sur la transformation sur place. Entre installer son usine et transformer le coton sur place et acheter sur le marché mondial le coton, le transporter en Chine et le transformer, la première option s'avère la plus rentable pour un investisseur chinois, analysera-t-il en relevant cependant un inconvénient de taille : le coût élevé des facteurs de production en Afrique. Les États africains sont donc appelés à améliorer le climat des affaires, a plaidé Donald Kaberuka en constatant que la Chine commence à délocaliser des industries en Indonésie et dans d'autres pays émergents d'Asie.
La banque est, pour sa part, prête à apporter son soutien à la réalisation des infrastructures du genre, a-t-il promis avant d'insister sur les objectifs des réformes comme l'institution des critères dans l'allocation des ressources de la banque. Désormais l'admission aux ressources du FAD est ainsi fonction de la solvabilité établie sur la base des besoins des pays. Le niveau de la gouvernance figure dans les critères d'évaluation, a indiqué Donald Kaberuka qui, au passage, a remercié le président Amadou Toumani Touré de l'avoir élevé au grade de Grand commandeur de l'Ordre national du Mali, la plus haute distinction de notre pays. Cette distinction, de son point de vue, honore les 2000 employés de la Banque, à travers sa modeste personne.

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