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C'est désarmant!

par Akodien 21 Juillet 2007, 15:24 Opinions

Akodians-606.jpgDepuis quelques jours ce qui était convenu d’appeler « l’affaire des armes de la Raddho » ne cesse de nourrir les palabres des parties de « ataya », de « grand palace », ou des salons cossus de la capitale.

Cette affaire « abracadabrantesque » que l’on a voulu jeter en pâture, comme un os dénudé à un chien squelettique du sahel, à la population sénégalaises, plus que jamais déterminée à demander des comptes à leurs dirigeants.
Il est certain que le système de l’alternance semble trouver la stratégie payante de la diversion. C’est ainsi qu’aidé par une certaine presse locale, une information « certaine » incriminait la Raddho et ses responsables de possession d’armes dans le but de « déstabiliser » la « paix sociale au Sénégal ». La grande agitation médiatique de cette « fausse vraie affaire », nous avons fait le choix de prendre le chemin différent de certains de nos confrères sénégalais. En effet, à l’exception du Groupe Sud, qui a véritablement pour le cas d’espèce dépoussiéré les habits du journalisme d’investigation, toute la presse sénégalaise traitait cette actualité avec une légèreté désarmante.
Une affaire de cette gravité (relativisons) ne saurait passer dans les colonnes d’un journal ou sur les ondes d’une radio sans qu’on ne prenne la peine de vérifier.
La Radio Pluriel de Lyon (France) a donné la parole à Ganda Camara, représentant de la Raddho en France et dans la Diaspora pour apporter des informations plus en détails et plus précises. Au cours de cette interview le Professeur Alioune Tine est intervenu afin de clarifier une « bonne fois pour toute » l’opinion nationale et surtout la diaspora.
 
Voici en substance le déroulé de l’intervention :
 

Informations
Dans le cadre de l’exécution d’un programme de « construction de la paix » et de lutte contre la circulation d’armes légères et de petits calibres (2003-2006), la RADDHO a demandé et obtenu du Chef d’Etat Major des armées, des armes déclassées et inutilisables destinées à l’organisation de grandes cérémonies publiques d’incinération dite «  la flamme de la paix ». Cérémonies auxquelles prennent part les autorités publiques, les militaires, de même que des leaders du MFDC comme l’abbé Diamacoune Senghor.

La RADDHO
a organisé plusieurs manifestations d’incinération des armes dans toutes les capitales régionales du Sénégal. Malgré la fin du programme, la campagne et les activités continuent.
C’est le stock restant de ces armes déclassées qu’un policier venu faire ses besoins dans les toilettes de la RADDHO a découvert le mercredi 11 juillet 2007 à 10 heures 30.


Les Faits:
Quand les policiers ont interrogé les responsables de la RADDHO qui étaient au siège en ce moment, notamment, Iba SARR et Aboubacry MBODJ, (Alioune TINE était absent de Dakar).

Lorsque ces responsables ont répondu aux questions relatives à la provenance des armes et à leur utilisation, la police semblait décider de mettre ces armes sous scellées et de les laisser à la RADDHO. à 12 heures 30, le Secrétaire Général de la RADDHO arrive dans les locaux. Le Commissaire du point E, Becaye DIARRA arrive, décide de l’entendre au commissariat du Point E, mais une coupure d’électricité l’oblige à faire l’audition au commissariat de police de Dieupeul. Ainsi, Alioune TINE, Secrétaire Général de la RADHHO sera entendu, de même que le responsable du programme sur la lutte contre les armes légères, Malle Demba MBOW.

Devant la vacuité du dossier et pour les besoins d’un remplissage du procès verbal de police, et certainement par zèle, le Commissaire a posé des questions de type : est-ce que vous jouissez de toutes vos facultés mentales, ou avez-vous une maladie contagieuse (pour ne pas dire le Sida) ?

La dénonciation de ses méthodes interrogatoires a amené les autorités à dessaisir le Commissaire et à confier le dossier au Commissaire chargé de la sûreté urbaine au commissariat central de Dakar.

Une deuxième audition a eu lieu de nouveau le lundi 16 juillet de 10 heures à 15 heures.

La RADDHO a fourni au cours de ces auditions les lettres du Chef d’Etat Major Général des armées sur la provenance des armes déclassées, sans percuteur ni chargeur, destinées à la campagne pour la paix et à la lutte contre la circulation d’armes légères.

Depuis le 11 juillet, des policiers font le siège de la RADDHO pour garder des armes déclassées, pourries et inutilisables, ce qui constitue une atteinte à la liberté d’association.
La campagne de presse et les manifestations de sympathie ont amené les autorités à accepter l’offre de la RADDHO consistant à incinérer les armes à NDioum, à l’occasion d’une prière pour la paix en Casamance, le 28 juillet 2007.
 

Commentaires:
Comment expliquer qu’une banale affaire d’armes déclassées, destinées à une campagne pour la paix devienne brusquement une affaire d’Etat ?

1) Les rapports de la RADDHO sur les élections présidentielles et législatives qui alertent sur la grave dégradation de la situation politique, sur la situation de l’Etat de droit et de la Démocratie au Sénégal, mais surtout sur les risques d’emballement auxquels ils peuvent donner lieu, n’ont pas été du goût des autorités.
 

2) La dénonciation des lenteurs du procès de Habré, le manque de décisions concrètes permettant d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire de juger Habré et l’impact que cela a eu dans l’opinion internationale, n’ont pas plu au plus haut niveau.

3) La RADDHO a souvent dénoncé les dysfonctionnements graves de la justice et notamment la tendance à utiliser la justice comme instrument pour régler des comptes politiques mais aussi les détentions illégalement prolongées.

4) La volonté manifeste de réduire la RADDHO au silence s’est illustrée notamment lors du point de presse du mercredi 18juillet 2007, le ministre sénégalais Ousmane Ngom ayant déclaré que les organisations de droits humains telles que la RADDHO n’ont plus de raison d’être.
 

LA RADDHO Demande aux partenaires :

1) De dénoncer les tentatives de bâillonnement, d’intimidation et de harcèlement judiciaire dont la RADDHO fait l’objet

2) D’exiger le départ immédiat de la police des locaux de la RADDHO ;

3) De cesser, immédiatement, les poursuites judiciaires contre Alioune TINE et tous les responsables de la RADDHO.
 
 
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