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Et le Sommet accoucha d'une souris!

par Akodien 4 Juillet 2007, 10:45 Article de la semaine

Frontieres-africaines.JPGLe sommet de l'Union africaine (UA), consacré à l'intégration du continent, s'est conclu mardi sans accord sur un calendrier pour l'établissement d'un gouvernement continental, selon la déclaration finale de la réunion à Accra.

 

Le projet d'Etats Unis d'Afrique, soutenu notamment par la Libye, a par contre été renvoyé devant quatre commissions dont les conclusions seront présentées à un comité de chefs d'Etats "qui fera les recommandations appropriées à la prochaine session ordinaire" de l'UA, a déclaré le président ghanéen, John Kufuor, en clôturant les trois jours de sommet.
A  Accra, les responsables africains se sont montré divisés sur un projet de constitution d'un gouvernement commun et la création des "Etats-Unis d'Afrique", idée avancée par le dirigeant libyen Mouammar Khadafi.
"Nous n'allons pas copier telle ou telle (union) que vous pouvez connaître comme les Etats-Unis d'Amérique ou l'UE mais (nous allons faire) quelque chose (...) qui convienne à notre continent", a notamment déclaré à la presse le président du Ghana.

 

Le passage par des commissions
Les leaders d'Afrique ont opté pour une avancée par étapes. Ainsi les différentes propositions seront étudiées par trois commissions qui soumettrons leurs conclusions lors du prochain sommet de l'Union.
L'une des commissions commanditées par le sommet devra travailler sur "le concept d'un gouvernement d'union et ses relations avec les gouvernements nationaux" tandis qu'une autre examinera "les domaines de compétence et l'impact de l'établissement de la souveraineté" des Etats.
Les deux autres se concentreront sur "l'élaboration d'une feuille de route et d'un calendrier pour l'établissement d'un gouvernement commun" et comment un tel projet pourra être financé.

 

La peur de la perte de sa souveraineté
L'idée que l'Afrique pourrait être renforcée en s'unifiant avait été promue par le fondateur du Ghana Kwame Nkrumah et le sommet d'Accra coïncide avec le 50ème  anniversaire de l'indépendance du pays, le premier du continent à se libérer du colonialisme. Les responsables dans leur communiqué final ont rappelé la vision de Nkrumah pour le continent.
Mais certains chefs d'Etat, tel le Sud-africain Thabo Mbeki, qui avait lancé l'UA à un sommet à Durban en 2002, ont souhaité donner à l'organisation plus de temps pour mûrir.
De son côté, Le doyen Omar Bongo Ondimba a indiqué que "les temps sont mûrs pour la création d'un gouvernement de l'Union" en Afrique.
"Nous avons très clairement décidé d'aller vers les Etats-Unis d'Afrique dont l'étape fondamentale passe par la mise en place d'un véritable organe exécutif de l'Union", a affirmé le chef d'Etat gabonais dans son discours prononcé au sommet d'Accra, dont le débat est exclusivement consacré aux questions relatives à la mise en place d'un gouvernement continental.
Le président Bongo a exhorté les pays africains à "éviter l'immobilisme du statu quo". Avant de poursuivre : "Le gouvernement de l'Union répond à notre volonté commune de résoudre collectivement les défis de la mondialisation".
Il a toutefois souligné la nécessité de "rassurer les uns et les autres, dissiper les doutes et les craintes et aplanir les divergences d'approche", comme "la légitime question de la souveraineté".

 

"La mise en place d'un gouvernement de l'Afrique ne signifie nullement la fin des souverainetés nationales", a déclaré le président gabonais, qui conclue en précisant  que les Etats, les gouvernements et leurs ministres continueront, à ce stade, d'assumer toutes leurs compétences nationales actuelles.

 


Et une enième délcaration publiée

Du coup, contre toute attente optimiste, le 9ème sommet de l'Union africaine(UA) qui a pris fin mardi tard dans la soirée a adopté une "Déclaration d'Accra", qui propose d'engager une étude afin d'élaborer,dans un délai de six mois, une feuille de route et un calendrier sur la formation d'un gouvernement de l'Union.

 

Selon la déclaration, les résultats de cette étude devront être soumis à un comité des chefs d'Etat et de gouvernement qui feront, à son tour, des recommandations au prochain sommet de l'UA, qui auront lieu en janvier 2008 à Addis Abeba.
L'étude doit identifier les contenus du concept du gouvernement de l'Union, ses relations avec les gouvernements nationaux, les domaines de ses compétences et l'impact de son établissement sur la souveraineté des Etats membres.
Elle doit également définir les relations entre le gouvernement de l'Union et les communautés économiques régionales.

La Déclaration d'Accra réitère par ailleurs la volonté de l'UA de rationaliser et de renforcer les communautés économiques régionales et d'harmoniser leurs activités dans le but de mettre en place un Marché commun africain.
Pour cet objectif, les Etats membres doivent mettre au point un calendrier pouvant accélérer l'intégration économique.
"L'objectif ultime de l'Union africaine est les Etats-Unis d'Afrique avec un gouvernement de l'Union", dit la déclaration.

 

Le texte met également l'accent sur l'importance de réaliser la libre circulation du personnel, des marchandises, des services et des capitaux au sein des Etats membres de l'UA afin de stimuler la croissance économique.

 

Selon la déclaration, les dirigeants africains ont reconnu l'importance de la participation des peuples africains et de la diaspora africaine pour assurer que l'Union africaine soit une " Union des peuples", mais pas juste une "Union des Etats et des gouvernements.

Des atagonismes mis au grand jour!
Comme à son habitude, le sommet de l'UA a mmis au grand jour les dissonances entre les leaders du continent noir. D’un côté, les pays considérés comme "gazelles" (qui veulent aller plus vite), comme la Libye, le Sénégal, le Gabon, qui estiment que les temps sont mûrs pour mettre en place un gouvernement de l'Union, première étape vers les Etats-Unis d'Afrique.

 

Pour eux, l'Afrique doit réaliser l'intégration politique afin de promouvoir l'intégration économique.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a déclaré que ceux qui prônent la démarche graduelle vers un gouvernement de l'Union "ne font que nous retarder car l'Afrique ne peut plus attendre".

 

"C'est l'intégration politique qui doit imprimer le rythme de l'économie africaine", a-t-il dit à Accra.

 

De l'autre pays incluant l'Afrique du Sud, l'Angola, l'Ouganda, le Cap-Vert, le Kenya, le Nigeria, qui sont décrits comme " éléphants" (qui veulent un processus graduel), qui pensent qu'il faut être prudent en soulignant la nécessité de promouvoir d'abord l'intégration économique.

 

Le président ougandais Yoweri Museveni a invité les dirigeants africains à être prudent dans la tentative de créer un gouvernement continental et à éviter de "passer d'une erreur - balkanisation - à une autre erreur - simplification excessive des situations très complexes".
Pour sa part, le président kenyan Mwai Kibaki a souligné l'importance pour l'Afrique de réaliser d'abord une intégration économique avant celle au niveau politique.

 

L’hôte du neuvième sommet qui se voulait historique a tout simplement déclaré lors de la conférence de presse de clôture a déclaré que le futur gouvernement de l'Union serait un organe spécial avec des caractéristiques africaines.

 

 John Kufuor a surligné que : "Nous n'allons pas copier les Etats-Unis d'Amérique ni de l'Union européenne", a-t-il souligné.

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