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Ne pas râter le Rendez-vous avec l'Histoire

par Akodien 18 Juin 2007, 11:31 Nouvelles du jour

Frontieres-africaines.JPGLes Etats-Unis d’Afrique. Voilà à quelle hauteur les 53 Afrique qui vont se réunir, dans très exactement un mois, à Accra, au Ghana, vont placer la barre, à l’occasion du tout prochain sommet de l’Union africaine (UA).
Sommes-nous sérieux ? Sommes-nous sincères ? Comment la plupart des responsables africains qui n’ont d’africain que leur appartenance accidentelle à l’Afrique et qui carburent à un nationalisme étroit et borné pourraient-ils faire le saut de ce qui reste jusqu’ici la somme platement arithmétique d’une cinquantaine d’Etats, d’une cinquantaine d’entités distinctes, jalouses de leur souveraineté à un espace parfaitement intégré ?
Si l’expression « Les Etats-Unis d’Afrique » devait, pour une fois, s’éloigner et nous éloigner des mots et des concepts que l’on lance en l’air sans y croire vraiment, ce serait ni plus ni moins l’amorce d’une grande révolution, le commencement d’un ère nouvelle annonciatrice de grands bouleversements et changements sur notre continent.

Mais attention : si nous ne parlons ni de miracle ni de magie, il convient alors d’admettre qu’une révolution ne tombe pas du ciel: elle se prépare. Tout comme il convient d’admettre qu’aucun changement n’est le fait d’une génération spontanée : elle s’opère dans l’effort, sinon dans la douleur de l’enracinement d’une nouvelle habitude.

Alors question, les Africains sont-ils prêts à donner corps et forme, au-delà d’une simple déclaration d’intention, à l’idée de construire les Etats-Unis d’Afrique ? Ce qui est sûr, aucun Africain ne peut jurer de la réalisation immédiate d’une telle idée, du jour au lendemain. Mais tous les Africains peuvent se mettre en ordre de bataille, dès aujourd’hui même, et ouvrir, ici et maintenant, ce vaste chantier de l’espérance.

L’Union Africaine a cru bon ouvrir ce chantier par la création et la mise en place d’une multitude d’institutions. Celles-ci vont d’un parlement panafricain à une Cour de justice en passant par une banque centrale. Toutes ces structures, sans nul doute, nous seront nécessaires. Mais à quoi sert-il de mettre la charrue avant les bœufs ?

Dans cet ordre d’idée, nous pensons utile de pousser nos réflexions et nos recherches dans trois directions de réalisation capables de changer la donne actuelle et de satisfaire aux préalables sans lesquels les Etats-Unis d’Afrique ne serait que de l’ordre d’une vaine incantation. L’action du secteur privé doit être fortement sollicitée pour que l’Union africaine, pour une fois, cesse d’être un monstre Etatique au service exclusif des appareils d’Etat africains.

La première direction de réalisation, c’est le sport. Mais le sport scolaire et universitaire, à sortir des périmètres de nos différents territoires et Etats pour que la jeunesse africaine se rencontre, se donne la main et fraternise dans un espace où l’enjeu ne tue pas le jeu, nous évitant ainsi l’exaltation des sentiments étroitement nationalistes, comme c’est aujourd’hui le cas avec le sport civil professionnel ou semi professionnel.

Le sport est et reste, stratégiquement, un puissant facteur de fraternisation que l’école en Afrique doit investir intelligemment à travers un championnat interafricain scolaire et universitaire dans différentes disciplines sportives. L’objectif est de briser bien des ghettos, de décloisonner bien des visions, de libérer des potentialités, des opportunités au service d’une Afrique toujours plus forte, parce toujours plus unie.

La seconde direction de réalisation, c’est l’organisation systématique, à l’échelle continentale, de colonies de vacances pour diverses catégories de jeunes africains, selon divers centres d’intérêts : échanges, tourisme, découvertes, apprentissage des langues, études et recherches… Les Africains ne peuvent pas se mettre ensemble pour construire une Afrique qu’ils ne connaissent pas et sans qu’eux-mêmes ne se connaissent quelque peu.

De ce point de vue, on reconnaîtra volontiers que les Etats-Unis d’Afrique ne peuvent pas être le fait de gens étrangers les uns aux autres, étrangers aux réalités d’un continent qu’ils prétendent pourtant être le leur. Le minimum que l’on peut exiger des principaux acteurs sur la scène continentale des Etats-Unis d’Afrique, c’est qu’ils se connaissent, c’est qu’ils parlent de choses qu’ils connaissent un tant soi peu.

La troisième et dernière direction de réalisation, c’est la production par l’Afrique et pour l’Afrique des images de l’Afrique et des Africains. Car, ce qu’on donne généralement à voir aujourd’hui de l’Afrique et des Africains, par le cinéma ou par la télévision, reste encore largement le fruit des fantasmes des autres sur l’Afrique et sur les Africains. De plus, l’Afrique reste malheureusement encore un espace ouvert aux images venues d’ailleurs, véhicules d’influences et de valeurs exogènes, aliénantes, dont les dégâts, parce que mentaux avant tout, sont d’une gravité extrême. L’Afrique glisse tout doucement à faire toutes sortes de rêves, sauf des rêves d’Afrique. D’où la nécessité de corriger au plus vite le tir, de nous réapproprier notre être profond. Les sages bambara du Mali ont une belle formule pour le dire : « Il vaut mieux que le monde soit coupé de toi plutôt que toi coupé de toi-même par le mensonge »

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