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Ils l'ont tué comme un chien

par Akodien 14 Juin 2007, 09:18 Nouvelles du jour

Akodians-256.jpg Le Nigerian Osamuyia Aikpitanhi est décédé samedi, dans l’avion qui devait le reconduire à Lagos.
Par deux fois au cours de la semaine dernière, les autorités espagnoles avaient tenté de placer de force Osamuyia Aikpitanhi dans un avion pour le reconduire au Nigeria. Et par deux fois, se heurtant à la résistance de ce dernier, elles avaient dû renoncer. La troisième tentative s’est soldée par un drame. Ce Nigérian de vingt-trois ans était inculpé pour onze agressions en Espagne où il vivait en situation irrégulière depuis son arrivée, il y a quatre ans, à bord d’une patera. Il est décédé samedi au cours de son expulsion, une heure après le décollage de l’avion de la compagnie Iberia qui devait le reconduire à Lagos. S’est-il étouffé avec le bâillon censé l’empêcher de mordre les policiers qui l’escortaient, comme l’ont supposé, dans un premier temps, les syndicats policiers ? A-t-il succombé à un infarctus lié à une agitation extrême, comme le pensent ceux qui l’escortaient ? Mauvais traitements infligés par ces derniers, répond la famille.

Des déclarations qui se contredisent


Les médecins légistes ont de leur côté fait remarquer que le jeune Nigérian était bien bâillonné, mais qu’il « présentait seulement deux contusions légères », avant de conclure sobrement à un « arrêt cardio-respiratoire ». La cause exacte du décès ne pourra être établie avant que ne soit connu le résultat d’autres analyses du coeur et des poumons de la victime, précise un communiqué du tribunal de Valence, qui a ouvert une enquête. En attendant, les déclarations des uns et des autres se contredisent. Installé dans un compartiment séparé par un rideau à l’arrière de l’avion, avec trois autres Nigérians expulsés comme lui, Osamuyia Aikpitanhi avait des menottes en plastique au poignet. Parce qu’il aurait tenté de mordre un des officiers, il aurait ensuite été bâillonné. Mais comment ? C’est précisément sur ce point sensible que s’affrontent deux versions. Selon le quotidien espagnol el Pais, un premier policier aurait déclaré que les officiers avaient introduit une bande dans sa bouche sur laquelle ils auraient appliqué un bandeau adhésif. Les autres sources affirment à l’inverse qu’il aurait été bâillonné avec une ceinture et non avec un adhésif, et qu’il n’a donc pas pu s’étouffer avec un bandeau.

« Ils l’ont tué comme un chien »


La version de sa famille est tout autre. Selon son frère, Osamuyia Aikpitanhi était pieds et poings liés, et avait été bâillonné avec un bandeau adhésif avant d’être placé à bord de l’avion. « Ils l’ont tué comme un chien », a-t-il dénoncé, précisant que son frère « était en bonne santé » et qu’il « n’avait aucune maladie » « C’est la police qui l’a battu et l’a tué », a-t-il ajouté. Ce dernier a déposé une plainte au commissariat après avoir pris contact avec les autres Nigérians expulsés dans le même avion. « Ils ont promis de m’envoyer une vidéo de ce qui s’est passé d’ici une semaine », a-t-il précisé, ajoutant que ceux-ci lui avaient dit avoir vu les officiers battre Osamuyia Aikpitanhi avant et après l’embarquement. La famille a déclaré qu’elle comptait exiger des comptes de l’État espagnol ainsi que de la compagnie Iberia.

Le ministère de l’Intérieur a refusé de donner plus d’informations sur le décès avant la fin de l’enquête interne ordonnée par le ministre Perez Rubalca. En attendant, les hypothèses les plus variées se succèdent. Dernière en date, celle du Syndicat unifié de la police, qui suggère que le jeune homme a pu « se suicider pour éviter d’être expulsé dans son pays où il aurait été condamné pour meurtre ».

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