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Les Institutions de Bretton Woods et l’Avenir de l’Afrique

par Akodien 22 Mai 2007, 11:32 Nouvelles du jour

 

 

 

 

Akodians-007.jpgL’affaire WOLFOWITZ ou la fameuse boutade du Président de la Banque Internationale pour la Reconstruction et de Développement plus connue sous nom de la Banque Mondiale, anime l’actualité économique et financière internationale. Outre sa crédibilité perdue par un traitement fortement inégalé de sa compagne à l’indifférence des règles internes, est remise en question la sincérité de son discours répétitif axé sur la bonne gouvernance, la corruption, la gestion morale des deniers, la transparence etc.… Force est de reconnaître que cette crise qui secoue la banque mondiale est une logique de sa constitution antidémocratique, despotique, censitaire et inféodée. Car, il ya aucune raison pour que le Président des Etats Unis nomme celui de la Banque Mondiale et que le Directeur General du Fonds Monétaire International soit choisi par les Européens. Ce partage de rôle dit ancien est révolu et doit être purement aboli. Les dirigeants de ces deux institutions ne doivent plus être désigné sur des critères politiques mais plutôt de compétentes et d’intégrités. Or, Paul Wolfowitz n'est ni Economiste, ni Financier, ni spécialiste du développement mais n’a qu’une expertise de défense stratégique et a été propulsé pour sa fidélité et son dévouement pour la famille BUSH au détriment de candidats irréprochables et chevronnés tels que Joseph STIGITZ, Antonio FRAGA, Kermal DERVIS.

 

 

 

L’Afrique qui a le moins bénéficié de l’aide au développement, doit profiter de cette crise pour revisiter sa collaboration avec les institutions onusiennes et les organismes multilatéraux. Elle doit poser l’équité dans leur mode de gouvernance et une reforme en profondeur de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire Internationale même de l’Organisation Mondiale du Commerce qui a été instituée par un traité voire un contrat léonin ordonnant le désordre économique mondial favorable au développement. Le Vieux continent a perdu énormément avec les institutions de Bretton Woods, pis, l’ont enfoncé dans un pépin économique et chronique. Les règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco de l’ajustement structurel interprété d’ailleurs comme un piège du libéralisme sauvage en désengagent l’Etat par la privatisation de secteurs publics, parapublics et surtout productifs. Ces lacunes compliquent mal la stabilisation de la balances de paiements, l’équilibre budgétaire, la maitrise des finances publiques. Au contraire, le nombre de personnes devant survivre avec moins de 1$ par jour a quadruplé, plus de 200 millions de personnes souffrent de la faim et l’espérance de vie est passée sous la barre des 40 ans. De facto, sa collaboration vielle de cinquante ans s’est soldée par un échec cuisant, l’Afrique disqualifiée est loin d’être intégrée mais exploitée par une mondialisation mal configurée et qui est en réalité un système d’exploitation et de distribution économique très injuste pour les économies du Tiers Monde.

 

 

 

AFRIK-EN-ATTENTE.jpgL’Afrique qui est actionnaire de plusieurs institutions onusiennes et multilatérales doit remettre à l’ordre certains organismes en limitant d’abord leur ingérence et exiger d’accéder à des prêts volumineux. Elle doit se libérer ou libérer la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce et les remplacer par de nouvelles institutions plus équitables à la globalisation. Pourquoi pas se doter d'organismes harmonieux et hiérarchisés tels qu’une Banque Centrale Africaine, un Fonds Monétaire Africain et une Organisation Africaine de Commerce. Ces institutions financières Africaines internationales pourront enfin agir dans la durée, stabiliser le système monétaire africain et prévenir les crises financières. Elles pourront aussi revaloriser les stratégies de développement et de désendettement par un vrai diagramme de reconstruction et par un appareil productif financé avec des crédits à taux zéro. Ces équilibres seront complétés par un dispositif souscrivant à des mesures de protection. L’Europe a procédé tex tus pour sa reconstruction après la seconde guerre mondiale grâce au plan Marshall et à la protection de son industrie et de son agriculture contre les exportations américaines. La Chine, l’Inde, la Corée ont emprunté la même tactique.

 

 

 

En conséquence, Le plan de relance économique édicté par les institutions de Bretton Woods et certains organismes complices, est une utopie qui hypothèque l’avenir de l’Afrique dans une crise concave sans issue. Contrairement aux schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir et qui ont été superbement ignorés tels que plan de Lagos en 1980, le plan Omega et le Millenium African Plan qui ont donné naissance en 2001 au Nouveau Partenariat pour le développement économique de l’Afrique sans oublier la Wade Formula qui dote l’Afrique d’une autosuffisance énergétique.

Par Cheikh Sidya Diop
Economiste, Panafricaniste et Membre du Club E-Réflexion
 

 

 

 

 

 

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